Galia Ackerman : "le problème de ce régime, c’est le secret absolu"

Galia Ackerman, docteure en histoire, journaliste et auteure du livre "Tchernobyl : vivre, penser, figurer" (Éditions L’Harmattan), était l'invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 26 mai 2021 dans "Le 10h - midi".

Galia Ackerman, invitée de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Tous les jeudis à 21h05, M6 diffuse la série "Tchernobyl". Le 27 mai 2021, elle sera aussi suivie du documentaire "La bataille de Tchernobyl", à 23h20.

 

Galia Ackerman : "Johan Renck a fait un travail de documentation tout à fait extraordinaire"

D'origine juive russe, Galia Ackerman est docteure en histoire à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse associée à l'Université de Caen. Elle vit définitivement en France depuis 1984 et est naturalisée Française. Elle a été journaliste à Radio France internationale de 1988 à 2010 et à la revue Politique internationale depuis 1995. Elle est secrétaire générale du Forum européen pour l'Ukraine et animatrice d'un club politique consacré à la politique ukrainienne. Elle a été commissaire de l'exposition "Il était une fois Tchernobyl", qui s’est tenue au Centre de culture contemporaine de Barcelone (CCCB) du 16 mai au 8 octobre 2006.

 


Galia Ackerman a tout d’abord fait part de ses impressions sur la série "Tchernobyl". "Je l’ai trouvée absolument extraordinaire. C’est une docu-fiction. Cela étant, on ne peut pas suivre le déroulement complètement, mais je crois que Johan Renck, le réalisateur, a fait un travail de documentation tout à fait extraordinaire. Beaucoup de Russes et d’Ukrainiens qui ont vu cette série disent que les détails comme les habits de l’époque étaient très soignés et justes. C’est une série à voir absolument."

 

"Les salariés de la centrale de Tchernobyl voulaient avoir des primes pour avoir mené une bonne expérience"

Pourquoi la catastrophe de Tchernobyl a-t-elle eu lieu ? "Je pense qu’en premier lieu, un groupe de salariés de la centrale, y compris son directeur, voulaient avoir des primes pour avoir mené une bonne expérience. Cette expérience avait déjà échoué deux fois, c’était donc la troisième tentative. Si elle avait abouti, elle aurait permis de mieux vendre des réacteurs de ce type, qui sont des réacteurs dangereux. Cela montre qu’il n’y avait pas assez de sécurité tout court.

Quand, dans la série, le réacteur est sur le point de s’emballer, ils cherchent frénétiquement les techniciens, les ingénieurs qui sont là, pour savoir ce qu’il faut faire. Il y a une scène absolument dramatique où ils regardent le manuel et voient qu’il y a plein de lignes rayées. Et ils ne savent pas s’ils doivent prendre en compte ou non les lignes rayées. Le problème de ce régime, c’est le secret absolu qui entourait les centrales, qui entourait tout ce qui a trait au nucléaire. En plus, en URSS, tout le nucléaire civil était lié au nucléaire militaire, les centrales pouvaient servir à la production de plutonium militaire. Les gens qui travaillaient dans une centrale ignoraient les accidents qui se produisaient dans d’autres centrales. Il y avait eu plein d’accidents."

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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