Fruits et légumes : "Moins il y a de goût, moins il y a de nutriments"

Linda Bendali était l’invitée de Valérie Expert, Rémy Pernelet et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 18 juin dans "Le 10h - midi". 

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Peut-on avoir confiance en nos fruits et légumes ? Aujourd’hui, presque tous les fruits et légumes que nous achetons, bio ou pas, sont calibrés comme des produits industriels. Pour cela, les multinationales ont mis au point des semences totalement standardisées, qui sont désormais la propriété d’une poignée de géants mondiaux comme l’Allemand Bayer ou le Français Limagrain. L'émission de Cash Investigation "Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes", diffusée mardi 18 juin sur France 2 à 21 heures, révélera un business mondialisé où la graine se vend plus chère que de l’or.

Linda Bendali : "le goût est aussi un révélateur des nutriments"

La journaliste Linda Bendali est partie en Inde, où les multinationales font produire leurs graines. Elle a découvert des femmes et des enfants qui triment pour une poignée de roupies. Cette course à la semence high-tech peut aussi avoir des conséquences sur notre santé. Cash Investigation a enquêté sur ces blés destinés à la fabrication de nos baguettes ou de nos pains de mie que certains consommateurs ne digèrent plus.

"On est parti de cette idée que les légumes aujourd'hui sont de plus en plus beaux et calibrés, mais satisfont de moins en moins les consommateurs, explique Linda Bendali, on se plaint de plus en plus de leur goût. On a remonté tout le fil, de la production jusqu'à la graine, pour essayer de comprendre pourquoi. Ce qui est intéressant, c'est que le goût est aussi un révélateur des nutriments. Moins il y a de goût, moins il y a de nutriments. Et c'est assez logique : en tant qu'être humain, on est un peu des animaux ! Si ça nous attire, c'est que c'est bon pour la santé".

"Si c'est pour l'agro-industrie, l'hybridation est un outil mal utilisé"

L'équipe est allée en Israël, à la rencontre d'un chercheur qui a imaginé comment prolonger la durée de conservation des tomates : pour leur permettre de durer trois semaines et d'être commercialisées à l'étranger, il faut faire des modifications. "On fait de l'hybridation en croisant les plants. Il avait repéré une anomalie génétique naturelle dans une tomate, qui bloque le mûrissement du fruit. Il a réussi à l'insuffler dans toutes les tomates. Aujourd'hui, 50% des tomates commercialisées par les plus grands producteurs de semences ont ce gène, qui bloque une partie du goût et donc forcément des nutriments". 

L'hybridation existe dans les cultures depuis très longtemps, notamment pour les pommes. "Le problème n'est pas l'outil mais les critères. Si on utilise la sélection pour avoir des aliments de plus en plus nutritifs et meilleurs pour la santé, je suis pour. Mais si c'est pour l'agro-industrie, l'hybridation est un outil mal utilisé. La majorité des semences sont aujourd'hui hybrides, des tomates sélectionnées pour des critères de conservation, de transport. Même les variétés anciennes que l'on sort aujourd'hui, sont des tomates hybrides, avec moins de nutriments". 

Acheter sur les marchés n'est pas forcément une garantie, car toutes les semences utilisées pour ces tomates sont des semences faites pour qu'elles se conservent plus longtemps. "Le prix n'est pas un facteur. Les variétés plus chères posent les mêmes questions". 

On apprend aussi que les agriculteurs ne peuvent pas cultiver n'importe quelles semences, elles doivent appartenir à un catalogue. C'est une question d'argent : un kilo de graines de tomates peut coûter jusqu'à 400.000 euros.

 

Retrouvez l'invité média de Valérie Expert, Rémy Pernelet et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h30 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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