Éducation aux médias : "Avoir un raisonnement critique peut aider à nous orienter"

Memona Hintermann, membre du CSA

Memona Hintermann, membre du CSA, était l'invitée du Grand Matin Sud Radio.

 

À l’occasion de la 29e semaine de la presse et des médias à l’écoleFrançoise Nyssen, ministre de la culture, a souhaité doubler l’enveloppe financière consacrée à l’éducation aux médias des élèves. Ce budget passerait de 3 à 6 millions d’euros à la rentrée 2018-2019, a souligné la ministre.

Il comprend "une amplification sans précédent de l’action des associations et de l’engagement des journalistes qui font cette sensibilisation dans les écoles" et "au sein des bibliothèques-médiathèques"ainsi que "la création d’une plate-forme commune des sociétés de l’audiovisuel public pour le décryptage de l’information et l’éducation aux médias", a-t-elle détaillé.

Memona Hintermann, membre du CSA qui porte ce dossier auprès des acteurs de l'audiovisuel, était l'invitée du Grand Matin Sud Radio. "Je me déplace beaucoup un peu partout sur le territoire, dans les écoles, les associations, et je constate combien la méfiance s'est instaurée au fil du temps, a-t-elle expliqué. C'est bizarre parce que, plus on a de vecteurs de communication, plus il y a un côté qui pousse les gens à croire ce qu'ils voient et ce qu'ils entendent et, en même temps, il y a aussi l'idée qu'on nous manipule, qu'il y a des complots partout."

Pour elle, c'est à travers une éducation "critique" à l'information que cette "méfiance" peut s'estomper : "Qu'est-ce qui peut nous aider à nous orienter ? C'est justement d'apprendre, à tout âge, à se poser une question fondamentale, c'est 'Pourquoi j'entends tels types de propos ? Pourquoi je vois tels types d'images ?' C'est d'avoir un raisonnement critique. Et ça commence par des choses banales, comme lire une étiquette et ne pas acheter sans regarder. C'est déjà se poser des questions, avoir cet état de réflexion dans lequel nous devons être."

Un travail qui doit également associer les médias, c'est pourquoi Memona Hintermann est également allé à la rencontre des "patrons de l'audiovisuel" : "Au départ, ils faisaient les gros yeux quand je parlais d'éducation aux médias. Ça date de cinq ans et, petit à petit, les radios, les télévisions, en font. Dès qu'il y a une audition au CSA, je demande des actions concrètes sur ce sujet. Plus les gens sont informés, moins on viendra contester ce que vous dîtes et plus il y aura des échanges intéressants."

Écoutez l'interview de Memona Hintermann, invitée du Grand Matin Sud Radio, présentée par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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