Les coulisses de la politique

Les coulisses de la politique de G.Le JEUNE.

Jean-Christophe Cambadélis
J-C Cambadélis © P. Huguen/AFP

Jean-Christophe Cambadélis a lâché une petite bombe en annonçant que les listes socialistes ne se désisteraient pas aux prochaines régionales lorsqu'elles arriveraient en 3e position derrière le FN et Les Républicains. Une décision qui change tout.

Le PS vient de tirer un coup de canon en annonçant la fin du fameux front républicain.Comme souvent, c'est Jean-Christophe Cambadélis qui a sonné la charge. Tout est parti d'un propos cité par une radio qui disait qu'un ministre "influent et anonyme" voulait fusionner les listes des socialistes et des Républicains au second tour des élections régionales dans le Nord si le Front National arrivait en tête et menaçait de gagner.Réponse lapidaire du patron des socialistes : "Le ministre anonyme qui propose la fusion suicide au 2e tour des régionales avec Estrosi ou Bertrand, soit il se nomme, soit il se la ferme."Il a expliqué sa position dans une interview à Libération. Selon lui, "la peur du grand remplacement unifie aujourd'hui toutes les droites. Notre adversaire a imposé son terrain. Si nous nous dérobons, il s'installera."

Une majorité des cadres du PS sont d'accord, à commencer par Hollande et Valls

C'est au nom de cette menace que le premier secrétaire justifie la mort du Front Républicain, ce qui veut dire que, désormais, les socialistes ne se retireront plus dans les élections où le FN sera arrivé en tête et Les Républicains 2e. Et ça change tout.La première raison de ce changement de cap, c'est que les socialistes en ont marre des slogans du FN sur "l'UMPS" et de ceux des Républicains sur le "FNPS". Ensuite, ils ont vu aux dernières élections départementales que quand ils se retiraient, c'était eux les grands perdants. Depuis 2011, la ligne officielle de la droite, c'est le "ni-ni", ni FN, ni PS. Quand il y a un second tour entre le FN et le PS, la droite n'appelle à voter pour personne. Au PS, ils en avaient marre d'aider la droite sans jamais rien recevoir en retour.Si personne n'a réagi à cette annonce de Jean-Christophe Cambadélis, c'est parce qu'une majorité de ténors sont d'accord, à commencer par François Hollande et Manuel Valls qui ont gardé le silence. La principale raison, c'est que quand ils se retirent, les socialistes n'ont évidemment aucun élu. Et à force, depuis 2012, ça a fini par provoquer une hémorragie de cadres et d'argent, parce que le financement des partis politiques est basé sur le nombre de voix récupérées aux élections. Voilà une raison qui explique ce revirement ultra-stratégique à quelques mois des élections régionales où le PS va jouer gros.
Les coulisses de la politique, une chronique de Geoffroy Le Jeune, chef du service politique de Valeurs Actuelles
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