Affaire des travailleurs détachés - "Pour ne pas tomber, je mangeais en cachette comme un animal"

Ce dossier a débuté en avril 2017 et traîne dans les salle d'audience d'Arles depuis. Cinq travailleurs détachés marocains dénoncent leurs conditions de travail, parlant de journée de huits heures et demi sans pause et bien d'autres actes illégaux. Ce 16 juin, se tient l'énième procès de cette affaire, au tribunal des prud'hommes d'Arles.

Les faits en question datent de 2017 mais encore aujourd'hui, à l'heure du coronavirus, les conditions de quarantaine des travailleurs testés positifs interrogent. (Photo Denis Charlet / AFP)

Un reportage de Cyprien Pézeril pour Sud Radio.

L'esclavagisme garde - semble-t-il - toute sa place dans l'actualité. Un procès se tient ce matin à Arles dans les Bouches-du-Rhône pour mettre le halo sur une affaire surréaliste. Dans les champs et dans l’agriculture française, il est ici question des travailleurs détachés. Cinq ouvriers agricoles marocains employés par 8 exploitations agricoles différentes dénoncent des conditions de travail indignes.

Un rassemblement de soutien était d’ailleurs prévu ce matin à neuf heures devant les prud’hommes d’Arles.

Ce n’est qu’hors micro qu’un des cinq ouvriers agricoles raconte.

« On cueillait des salades pendant 8h30, sans aucune pause. Pour ne pas tomber, j’allais manger des bonbons en cachette, dans les toilettes, comme un animal... »

Contrats non respectés et conditions floues de quarantaine lors de la crise du Covid

Les faits surviennent en 2017 mais le non respect des droits des travails détachés reste répandu dans les exploitations de la région selon Hélène Bertrand, de la Confédération paysanne.

"L'agriculture en Provence défend un peu cette main-d'oeuvre de travailleurs détachés. L'employé qui vient de l'étranger n'a, en plus, pas connaissance de tous ses droits. Lui est soumis à une pression parce qu'il doit travailler, donc il accepte des conditions qui ne sont pas acceptables. C'est toute l'image de la profession qui est remise en cause".

Ce sont aussi des accidents du travail non déclarés, des contrats non respectés. Et le coronavirus n’arrange rien.

"Il y a des clusters déclarés dans les Bouches-du-Rhône. Des entreprises qui ont des centaines de personnes déclarées porteuses du Covid-19. Mais dans quelles conditions ces personnes-là sont-elles mises en quarantaine ? C'est aussi une question."