Procès du Mediator : "on ne laissera pas tomber"

Christelle Due-Essid, fille d’une victime du Mediator, était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 23 septembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Le début du procès d'un scandale hors normes, celui du Mediator.

C’est un procès hors du commun qui va débuter, celui du Mediator, le plus grand scandale de santé depuis celui du sang contaminé. Ce médicament a été commercialisé pendant 33 ans et utilisé par 5 millions de personnes. Christelle Due-Essid témoigne au micro de Sud Radio.

 

Obligé d'avoir un pacemaker, pour avoir soigné un diabète léger

Son père Michel, 76 ans, a pris du Mediator puis a développé une valvulopathie. Il a dû être opéré du cœur. Représenté par Me Charles Joseph Oudin, il sera présent au procès. "Mon père a commencé à prendre du Mediator au début des années 2000, explique Christelle Due-Essid, suite à la découverte d’un léger diabète. Le médecin traitant ne connaissait pas les effets sur le long terme. Cela a fonctionné plutôt bien, son diabète a baissé. Mais au fil des années mon père s’est senti diminué, souvent essoufflé".

Les examens médicaux qu’il fera seront hélas éloquents : "au niveau de son état de santé, il a subi un changement de valve en 2011. Plus récemment, il y a deux ans, son cœur dysfonctionnait de plus en plus, on a été obligé de lui mettre un pacemaker".

Un besoin de reconnaissance, pas d'indemnisation

Qu’attend cette famille de ce procès du Mediator ? "Mon père est très diminué, confirme Christelle Due-Essid. Il va aller au procès en taxi accompagné de ma sœur aînée. Nous nous sommes très tôt occupés de lui, et de mère. Nous n’attendons pas une indemnisation, cela ne lui rendra pas la santé, mais une vraie reconnaissance. Qu’au moins les gens n’aient plus peur de porter plainte contre un médicament, un laboratoire, pour d’autres scandales, s’il y en a".

Ne regarde-t-elle plus les médicaments de la même manière ? "Je fais très attention, reconnait Christelle Due-Essid. Je pose beaucoup de questions, au médecin, au chirurgien, au pharmacien, pour voir si tout concorde. Je ne suis pas anti-médicament, mais prudente". Le fondateur des laboratoires Servier est mort il y a quelques années. Regrette-t-elle son absence à ce procès ? "Bien évidemment. Nous l’avons rencontré à différents stades du procès. Il arrivait dans la salle d’audience en baissant les yeux. J’aurais voulu encore croiser son regard, dire 'on est là, on est fort et on ne laissera pas tomber'".

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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