Procès des attentats de 13 novembre 2015 : "se coordonner pour apporter de la dignité"

Procès du 13 novembre : comment les 300 avocats des 1.800 parties civiles se sont préparés ? Héléna Christidis, avocate pénaliste, coordinatrice référent des avocats et parties civiles, était l’invitée de Patrick Roger le 8 septembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h10. 

La salle d'audience construite spécialement pour le procès des attentats du 13 novembre 2015, le 2 septembre 2021 au Palais de justice de Paris (Thomas Coex - AFP/Archives)

Déroulement du procès : "Une plateforme numérique pour être sur la même ligne"

Pour éviter la cacophonie, une coordination s’est organisée entre les avocats des parties civiles, afin de préparer le procès des attentats du 13 novembre 2015. "En fait, cela fait six ans que les avocats se sont regroupés pour essayer de se coordonner, car nous sommes environ 300 avocats pour 1.800 parties civiles, explique Héléna Christidis, avocate pénaliste, coordinatrice référent des avocats et parties civiles. On ne voyait pas une seconde comment ne pas se coordonner en amont pour pouvoir apporter de la dignité aux parties civiles. Nous nous sommes organisés entre nous ; nous avons mis en place une plateforme numérique pour pouvoir échanger des informations, être sur la même ligne, que l’on puisse répondre aux attentes de la cour, du président et des greffiers."

Y a-t-il une volonté d’adopter une position commune ? "Oui et non, estime-t-elle. Vous ne pouvez pas, de toutes façons, empêcher un avocat d’avoir une position. Un avocat représente les parties civiles, porte la voix de son client. Il y a des positions communes sur de grands principes. Sur la liste des témoins cités, une centaine de noms apparaissait, et des réunions entre avocats ont eu lieu pour essayer de réduire au maximum cette liste à des personnes ayant vraiment un intérêt pour la vérité, pour ce procès."

Aide juridictionnelle : "C'est l'État qui paie les honoraires des avocats"

Neuf mois de procès, cela semble très long. Mais aura-t-on le temps d’entendre tout le monde ? "Le président a déjà fait un planning assez chargé, avec tout le déroulement de l’audience, explique Maître Christidis. Dans les procès d’assises, on respecte rarement le planning à la lettre. Il y aura des aléas. Maintenant, on espère que cela pourra tenir. Nous en sommes jusqu’au 25 ou 26 mai, nous espérons que cela ne va pas se prolonger plus."

Qui règle les honoraires des avocats ? "Vous avez un principe en matière terroriste : l’aide juridictionnelle est de droit. Vous pouvez demander à ce que votre avocat en bénéficie. C’est l’État qui paie. Les victimes peuvent aussi avoir des protections juridiques, qui peuvent pour partie prendre en charge les honoraires des avocats. Moi, je ne connais pas d’avocats ayant directement facturé ses clients. Cela a été une demande des avocats, qu’aucun frais ne pèse sur les parties civiles."

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