Frédéric Péchenard : "Le débat n'est pas police-justice mais gauche-droite"

Frédéric Péchenard, vice-président LR du Conseil Régional d’Île-de-France et tête de liste à Paris pour les Régionales, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 21 mai 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Frédéric Péchenard interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 21 mai 2021 à 7h40.

Frédéric Péchenard : "En protégeant les policiers, nous nous protégeons nous-mêmes"

Le Conseil constitutionnel a censuré, le 20 mai 2021, plusieurs articles de la loi Sécurité dont l’ex-article 24 sur la diffusion des images des forces de l’ordre. Frédéric Péchenard, ancien directeur de la Police nationale, estime que "quand une réforme, une loi, est mal engagée, il ne faut pas s’appesantir dessus, il faut essayer de passer à autre chose". "Le Conseil constitutionnel a censuré une disposition : ça signifie que le législateur devra refaire sa copie." Pour lui, la loi a été "mal présentée" tout en jugeant que "l’idée générale était plutôt bonne" puisqu’elle consistait "à protéger les policiers" et leur identité.

La censure est tombée sur un texte déjà réécrit, mais Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a annoncé qu’il allait s’occuper de l’améliorer. "Je pense qu’il faut bien regarder ce qu’a déclaré le Conseil constitutionnel" afin de passer "sous les fourches, positivement", toujours dans le but de protéger les policiers ce qui est, pour Frédéric Péchenard, une bonne chose. "On ne peut pas faire autrement que protéger les gens qui nous protègent." L’autorité dont a "besoin" l’État s’exerce via la police, la gendarmerie ou encore l’armée, rappelle le candidat LR aux Régionales en Île-de-France. "Si ces gens-là sont isolés, lâchés en pleine campagne", analyse-t-il, "ils risquent de ne plus nous protéger. En protégeant les policiers, nous nous protégeons nous-mêmes".

Une partie de l’article autorisant les drones lors des manifestations a aussi été censurée, mais pour Frédéric Péchenard, c’est "plus anecdotique". Pour lui, ce qui est important est "l’utilisation des images faites par la police", partie qui "n’existe plus dans la loi". Il souligne que sur les réseaux sociaux, où les images se multiplient, on voit "toujours des montages de petits bouts de séquences qui se passent toujours au détriment de la police".
"Il me paraît très important que la police puisse elle-même produire des images", juge le vice-président LR du Conseil régional d’Île-de-France, et il faut que la police, le ministère de l'Intérieur, puissent utiliser les photos qu'ils ont prises".

 

"Le débat n'est pas police-justice mais gauche-droite ; le sujet est un sujet politique"

Lors de la manifestation de mercredi 19 mai 2021 à Paris, Frédéric Péchenard était aux côtés des policiers. Une manifestation marquée par les attaques des policiers contre la justice qu’ils ont clamée être leur seul problème. "J’étais présent en tant qu’élu", rappelle le vice-président du Conseil régional d’Île-de-France, "mais j’y était surtout en tant qu’ancien policier". Alors qu’il a été policier durant 30 ans, il tient à souligner que son expérience "n’est pas tout à fait la même chose". "J’ai entendu toute ma vie policière dire ‘les policiers arrêtent, les magistrats relâchent’ : ce n’est pas vrai."
Selon lui, "les policiers arrêtent, les magistrats condamnent" et le problème vient par la suite : "c’est l’exécution de la peine qui ne fonctionne pas, qui ne va pas".


"Il faut qu’à chaque fois qu’il y a une infraction qui est commise, il y ait une sanction". Le candidat à la présidence de la région Île-de-France estime que "le débat, il n’est pas police-justice, comme on veut nous le faire croire, il est gauche-droite", et plus précisément entre une vision de "la gauche judiciaire" qui s’oppose à celle de la "droite judiciaire". Notamment, pour la gauche judiciaire, "la sanction c’est pas bien, la prison c'est pas bien", estime l'élu." L'opposition police-justice est une vision politique de la justice".

Frédéric Péchenard considère que "depuis Madame Taubira, en passant par Madame Belloubet et jusqu'à Éric Dupond-Moretti, on a exactement la même politique au ministère de la Justice. Le 'en-même temps' en terme de sécurité, cher à notre Président ne fonctionne pas. Quand vous avez deux personnes dans une voiture pour la faire avancer, que le ministre de l'Intérieur appuie sur l'accélérateur et le ministre de la Justice sur le frein, la voiture n'avance pas ! On est sur une opposition politique", insiste-t-il.

 

"Depuis 6 ans, nous essayons de créer une police régionale des transports, le gouvernement s'y est opposé"

La sécurité est au coeur des élections régionales, Valérie Pécresse en fait son grand thème de campagne. Que peut faire une région en terme de sécurité ? "C'est un sujet extrêmement intéressant, confirme Frédéric Péchenard, candidat aux régionales en Île-de-France aux côtés de Valérie Pécresse, qui a annoncé dès le départ qu'il fallait s'occuper de la sécurité. La sécurité n'est pas une compétence première de la région, mais comment par exemple voulez-vous vous occuper des lycées si vous ne vous occupez pas de la sécurité des lycées ? Même chose pour les transports, souligne-t-il. Mais la sécurité est d'abord et avant tout un problème de l'État, la région n'est là que pour aider. Le budget sécurité en 6 ans a été multiplié par 5 donc j'ai eu la possibilité de faire un certain nombre de choses à travers les subventions", explique le vice-président du Conseil Régional d’Île-de-France.

Pour Jordan Bardella, candidat du Rassemblement national, Valérie Pécresse a eu une politique molle sur le sujet. "La palme du cynisme pourrait peut-être revenir au Rassemblement national !, ironise Frédéric Péchenard. Monsieur Bardella et son groupe n'ont jamais voté favorablement à aucune des dispositions, au motif que la sécurité est exclusivement un problème de l'État et que la région n'a pas à s'en mêler. C'est d'un immense cynisme de voir qu'aujourd'hui, le thème majeur du Rassemblement national, c'est la sécurité".

Le candidat LREM propose quant à lui de créer une police régionale. "Sur le papier, c'est une excellente idée que nous avons d'ailleurs, souligne Frédéric Péchenard, car depuis le début, depuis 6 ans, nous essayons de créer une police régionale des transports. On voudrait que Île-de-France Mobilités ait une autorité, c'est-à-dire créer une réelle police régionale des transports. C'est le gouvernement qui s'y est opposé !"

 

"Julien Bayou est en réalité un militant d'extrême gauche !"

Frédéric Péchenard espère que Valérie Pécresse remportera de nouveau la région : "ça a été pendant 6 ans une excellente gestionnaire !, affirme-t-il, contrairement à ce que dit Julien Bayou, candidat Europe Écologie Les Verts, qui est en réalité un militant d'extrême gauche, estime-t-il. Dans la majorité précédente, il n'y a pas grand chose qui a été fait pour l'écologie, en tout cas beaucoup moins que ce qu'a fait Valérie Pécresse".

Sur une candidature à la présidence de la République de Valérie Pécresse, "ce n'est pas du tout le sujet aujourd'hui, elle est engagée à fond dans la région ! Mais pour Frédéric Péchenard, elle ferait une bonne candidate".

 

 

 

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