"UFC Que Choisir" dresse une liste noire de médicaments à éviter pour les enfants

"UFC Que Choisir" dresse une liste noire de médicaments à éviter pour les enfants

"UFC Que Choisir" vient de dresser une liste noire de médicaments à éviter de donner aux enfants.

L'association de défense des consommateurs "UFC Que Choisir" vient de dresser une liste noire sur laquelle figurent des médicaments à éviter pour soigner les enfants, lorsqu'il s'agit de traiter les maux du quotidien sans gravité, tels qu'un rhume ou une toux. Ainsi, si le Doliprane reste conseillé, il faut en revanche éviter au maximum les sirops à la codéine ou encore les sprays antiseptiques.

"Des risques de surdose en morphine"

Joint par Sud Radio, notre consœur Anne-Sophie Stamane, qui collabore au magazine de l'association, explique en effet que la plupart des médicaments sont inutiles et peuvent même s'avérer dangereux dans le traitement de certaines pathologies bénignes. "Dans la toux par exemple, on va avoir beaucoup de sirops qui sont très rarement utiles mais qui, en face de ça, vont avoir des effets indésirables importants, notamment des risques de sédation", indique-t-elle ainsi. "On peut avoir des remèdes codéinés, que l'on voit encore dans sa pharmacie familiale, et ceux-là sont vraiment à éviter parce qu'ils entraînent des risques de surdose en morphine", poursuit-elle.

Le Docteur Bruno Toussaint (Directeur éditorial à la revue "Prescrire") ne dit pas autre chose et rappelle que certaines pathologies ne nécessitent pas forcément un traitement médicamenteux. "Le rhume, par définition, est une maladie bénigne qui va guérir en environ une semaine. Il n'y a aucun médicament qui change rien du tout à l'évolution du rhume. Soit, ils ne font pas mieux, soit ils font pire, en particulier tous les vasoconstricteurs qui dégagent un petit peu mieux les narines mais qui sont dangereux parce qu'ils exposent à des risques cardiovasculaires", explique le praticien. "De tels accidents sont rares chez les enfants, mais tout de même ! Risquer un accident cardiaque pour se dégager le nez quelques dizaines de minutes, c'est complètement disproportionné", conclut-il, sans ménagement.

Alors que les récentes controverses autour des vaccins contre la grippe ont parfois relancé le débat sur l'hypermédicamentation des enfants, nul doute que de telles affirmations risquent d'apporter une pierre à l'édifice des parents sceptiques, qui ne souhaitent pas "gaver" leurs enfants de médicaments. 

Propos recueillis par Lionel Maillet

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