Que faut-il attendre d’Emmanuel Macron ce soir ?

Emmanuel Macron
Baisser la TVA, une fausse bonne idée ?

Le Président de la République devrait faire des annonces ce lundi soir. Faut-il que les Gilets Jaunes renoncent à l’Acte 5 ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 10 décembre.
- Christine Torrent, présidente de « Quartier libre », comité de quartier de Saint-Cyprien à Toulouse ;
- Frédéric Ploquin, journaliste et écrivain, auteur du livre La peur a changé de camp – les confessions incroyables des flics (Albin Michel) ;
-  Jean-Baptiste Djebbari, député LREM de la Haute-Vienne ;
- Kamal Amriou, directeur commercial d’une entreprise à Paris, fondateur du collectif des « sans étiquette », et Gilet Jaune « pacifique » ;
- Michel Maffesoli, sociologue et professeur émérite à la Sorbonne, auteur du livre Les nouveaux bien-pensants, (éd. du Moment);
- Linda Kebbab, gardien de la paix et déléguée nationale Unité SGP Police FO.

Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

 

Que faut-il attendre d’Emmanuel Macron ce soir ? Une hausse du SMIC ? Le retour de l’ ISF ? Un nouveau gouvernement ? Une dissolution de l’Assemblée ? Du coup, faut-il que les Gilets Jaunes renoncent à un acte 5 ? Jouer le rapport de force a-t-il encore un sens ?

Un acte V serait-il une folie ?

 "On n’est plus dans le rapport de force, mais dans la casse", estime Véronique Jacquier. Les dégâts à Paris, Bordeaux ou Toulouse  sont considérables. À Saint Etienne, le maire estime que la ville était carrément livrée à elle-même. "On déplore que notre quartier soit sacrifié au profit d’un centre-ville hyper protégé, souligne Christine Torrent, présidente de « Quartier libre », le comité de quartier de Saint-Cyprien à Toulouse. La ville se sépare en deux, entre quartiers périphériques livrés à la vindicte populaire et centre-ville hyper protégé." Face à l’ultra-violence des casseurs, mais aussi de certains Gilets Jaunes, les conséquences sont catastrophiques pour la cohésion de notre Nation, pour l’image de la France à l’étranger, mais aussi pour notre économie.

D’ailleurs, la mobilisation des Gilets Jaunes a déjà un impact sur la croissance. Des entreprises souffrent. Des petits commerçants ont perdu 40% de leur chiffre d’affaires à quinze jours de Noël… Du coup, un acte 5 des Gilets Jaunes serait sans doute une folie. "Mais le mouvement des Gilets Jaunes n’a pas pour moteur la raison et l’intérêt général, estime Véronique Jacquier. Son carburant est la colère et une multitude d’intérêts particuliers."

Pour que les Gilets Jaunes renoncent à un Acte 5, il faudrait donc qu’Emmanuel Macron arrive ce soir à se faire entendre. Or, pour beaucoup de Gilets Jaunes, il est maintenant inaudible. Avec 136.000 Gilets Jaunes mobilisés samedi dans toute la France, les chiffres sont les mêmes que le samedi d’avant et pourtant le gouvernement avait reculé sur la hausse des carburants en 2019. "Les Gilets Jaunes sont incontrôlables. Même si quelques leaders émergent, le mouvement est une ébauche de révolution numérique, où les leaders existent via Facebook." La seule chose qui pourrait faire que le mouvement s’essouffle serait qu’il perde le soutien des Français. Pour l’instant,  les sondages montrent qu’ils approuvent encore cette colère par procuration.

La fatigue physique et morale des policiers

Mais les forces de police, massivement mobilisées samedi dernier, sont épuisées. "La fatigue survient quand vous assistez à des scènes que vous n’avez pas les moyens d’empêcher et que les chefs vous disent « n’y allez pas, ça va péter »", explique Frédéric Ploquin. Lors des manifestations précédentes à Paris, les casseurs étaient en action à 200-300 mètres des forces de l’ordre. Les gens se disent ‘pourquoi ils n’y vont pas ? » Parce qu’on ne leur a pas donné la consigne d’y aller. Là, on se dit « à quoi je sers ? ». La fatigue morale, c’est quand vous avez envie de faire votre boulot, et que vous voyez la casse se répéter".

Quelle était la situation, samedi dernier, à Paris ? "Il y avait 30 compagnies, le double de la semaine précédente, c’est énorme. Mais d’habitude, vous avez un cortège, qui va de tel endroit à tel endroit, avec un service d’ordre. Là, vous aviez des groupuscule épars dans toute la ville, en plus de 60 points en simultané, là pour en découdre. Vous aviez des Gilet Jaunes très en colère, sur le trottoir avec le matin les forces d’ultra droite, relativement bien organisées, puis une partie de l’ultra gauche, et ensuite les jeunes, des mineurs plutôt franciliens, issus des quartiers, qui se dissimulent parmi les Gilets Jaunes qui ne font pas le le ménage, et profitent de ce rempart pour aller faire la casse de Noël."


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Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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