Pour les collégiens en REP+, difficile de trouver un stage de 3e sans piston

Photo d'illustration ©Tim Douet
Photo d'illustration ©Tim Douet

Une plateforme a été mise en place par le gouvernement, proposant des offres de stage aux élèves de troisième. C'était une promesse du candidat Macron. Mais sans contact, difficile de se faire pistonner.

Pour trouver un stage en troisième, les places sont rares. Sarah en a trouvé un dans un cabinet vétérinaire et elle n’a pas l’intention de le lâcher.

"Je dois aller chez la CPE pour qu’elle me change la date parce qu’il y a trop de gens qui veulent faire leur stage dans l’entreprise où je veux aller."

5, 10 voire 40 lettres ou appels passés à des entreprises. Peine perdue pour beaucoup de ces collégiens venant d’un établissement placé en réseau d’éducation prioritaire : "Je ne trouve pas. On appelle, mais ils sont complets. Il faut être majeur ou faire un stage de trois mois minimum, alors que nous, c’est pour une semaine."

Alors, pour trouver un stage, ces élèves se tournent souvent vers Antoine, leur professeur : "Un stage de troisième est un stage de découverte, d’orientation. Ça n’apporte rien à un employeur d’avoir un stagiaire de troisième, ce n’est pas le plus intéressant. C’est pour ça que nous, on a des partenariats avec la mairie de Paris ou des entreprises."

Créer des partenariats, c’est la mission de Guillaume, dans une association qui met en relation des employeurs et des jeunes sans piston. Parce que même pour un stage de troisième, il faut avoir du réseau : "Dans les réseaux d’éducation prioritaire, deux tiers des élèves ont des parents soit ouvriers, soit inactifs. Donc ils ont un réseau professionnel assez limité, voire très limité. Ils trouvent des stages par défaut alors que c’est un moment très important dans l’orientation des élèves."

Cette année, ce sont plus de 800 000 élèves de troisième qui doivent trouver un stage en entreprise.

Un reportage de Léa Guedj pour Sud Radio

 

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