Les banlieues doivent-elles être concernées par le débat national ?

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Les banlieues doivent-elles être concernées par le débat national ? C’est la question du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 17 janvier 2019. Avec pour invités :

- François Garay, maire des Mureaux (Yvelines) et vice-président de la Communauté urbaine Grand Paris-Seine-et-Oise ;

- Guillaume Bigot, essayiste, membre des Orwéliens ;

- Hassen Hammou, fondateur du collectif marseillais "Trop jeune pour mourir" et initiateur de l’appel "Pour la France, pas de ‘quartiers’" ;
- Yukel, "gilet jaune" de l’Essonne.

Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Les banlieues ont-elles leur place dans le débat qui s’ouvre ?  "Il y a banlieue et banlieue, rappelle Véronique Jacquier. Les disparités sont fortes malgré deux points communs : un chômage record et de l’insécurité. De plus en plus, certaines banlieues sont considérées comme des territoires perdus de la République. Alors oui, il y a urgence à mettre la banlieue et tous ses maux au centre du débat national". En quinze ans, entre 2000 et 2015, 100 milliards d’euros y ont distribués et 15.000 associations d’insertion, créées. Pourtant chômage et violence y augmentent inéluctablement.

Une politique de la ville avec moins d'État ?

Le débat national offrirait-il, du coup, une formidable opportunité pour trouver des solutions ? Certains maires de banlieues et des associations de quartier veulent en tout cas se faire entendre à l’occasion du débat national. "Un appel a été lancé par des élus et des associations pour dire 'attention, ce sont dans ces quartiers qu’il y a beaucoup de pauvreté', confirme Véronique Jacquier. Ils font déjà des propositions : plus d’emplois aidés, plus de prise en charge des familles monoparentales… Bref, toujours plus d’argent public dépensé. Le débat national pourrait servir à remettre enfin à plat la politique de la ville avec moins d’État et pas toujours plus d’État". "Nous sommes plus que concernés, estime François Garay, maire des Mureaux (Yvelines) et vice-président de la Communauté urbaine Grand-Paris-Seine-et-Oise. Avec Jean-Louis Borloo, nous avions écrit un rapport à ce sujet. Quand je discute avec les associations, avec des jeunes, ce que ressentent beaucoup de gens en banlieue, c’est l'inégalité par rapport à l’apprentissage, aux stages, à l’entrée dans la vie active".

Pourquoi, au fond, y a-t-il si peu d’habitants de quartiers difficiles sur les ronds-points ou dans les mobilisations du samedi ? Parce que les "gilets jaunes" sont pour beaucoup des habitants des zones périphériques et rurales. "Ils en ont marre de la gabegie de l’État dans les banlieues, qu’ils paient avec leurs impôts, estime Véronique Jacquier. Mais, paradoxalement, ils n’ont pas comme revendication forte la lutte contre l’immigration ou l’assistanat. Le ciment de leur lutte : plus de pouvoir d’achat pour tous… Banlieue ou pas banlieue".

En revanche, les "gilets jaunes" crient leur colère d’être la cible d’une violence policière qui épargne ceux qui attaquent et mettent le feu dans certains quartiers. Des quartiers étrangement calmes en ce moment, car les forces de l’ordre sont mobilisées sur les "gilets jaunes". "Plus le temps ni les moyens de traquer les trafiquants de drogue, confient des responsables syndicaux chez les policiers. Il y a donc urgence à ne pas laisser les banlieues à la remorque du débat national".
 

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