Les 4.000 viticulteurs audois doivent faire face à la concurrence des vins espagnols

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Les viticulteurs audois doivent faire face à la concurrence des vins espagnols, moins coûteux à produire. AFP

Dans l'Aude, tous les candidats aux élections européennes sont venus passer un grand oral devant les viticulteurs du département. Les 4.000 vignerons de ce département attendent beaucoup de l’Europe, après une année marquée par la destruction d’une partie des vignes lors des inondations, mais surtout régulièrement confrontés à la concurrence des vins espagnols. Un marché ultra concurrentiel au coeur de l'Europe, qui pose de sérieuses questions de régulation et de simplification. Christine Bouillot de Sud Radio est allée sur place.

 

Du vin espagnol étiqueté quasiment comme un vin français

La vigne est la principale ressource, avec le tourisme, du département de l'Aude. Pourtant, les 4.000 viticulteurs audois doivent faire face à la concurrence des vins espagnols, moins coûteux à produire. Chaque année, la découverte a un goût amer : du vin espagnol étiqueté quasiment comme un vin français en rayon d'un supermarché à Narbonne. Pour Arnaud, vigneron à Carcassonne, même son propre frère s'est fait avoir : "ça a un peu de mal à passer quand on est viticulteur de voir que sa propre famille achète du vin espagnol pensant acheter du vin français, puisque c'est écrit en tout petit".

Il y a aussi la question des prix, ce qui permet d'inonder le marché européen avec un hectolitre de vin à moins de 30 euros. "Notre question était 'pourquoi vous ne le vendez pas comme nous à 40 ou 45 euros' ? On nous a dit 'parce qu'on n'a pas les marchés, personne ne nous l'achètera à ce prix-là' !"

"L'Europe serait bien plus forte si on arrivait à faire converger toutes les réglementations"

Pourtant, si l'Europe a été là pendant les années de crise il y a 10 ans, aidé au renouvellement des 100.000 hectares de vigne du Languedoc, elle n'arrive toujours pas à établir des règles communes. Pour Frédéric Rouannet, président du syndicat des vignerons de l'Aude, "si on fait un 100 mètres, que moi je pars à 100 mètres et un Espagnol à 50, je suis sûr de perdre ! Là c'est la même chose ! Je pense que l'Europe serait bien plus forte si on arrivait à faire converger toutes les réglementations et surtout le salaire de base".

En cause : les charges, beaucoup plus basses de l'autre coté des Pyrénées :

Les vignerons audois demandent aussi un droit à l'erreur dans les complexes dossiers européens, car un simple oubli de croix dans une case peut leur faire perdre toutes les aides sur une année de production.
 

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