La France est-elle antisémite ?

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La France est-elle antisémite, et cet antisémitisme a-t-il changé de visage ? AFP

Peut-on dire que la France soit antisémite ? C’est le débat du 19 février 2019 avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio. Avec pour invités :
- Antoine Spire, vice-président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) ;
- David Guiraud, porte-parole jeunesse de la France Insoumise ;
- Farid Temsamani, porte-parole de Banlieue + ;
- Arié Bensemhoun, directeur exécutif de Elnet France, ancien président de la communauté juive de Toulouse ;
- Charles Baccouche, avocat et vice-président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA).

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Ce soir a lieu une manifestation pour dénoncer l’antisémitisme en France. Les faits sont là : 541 actes recensés en 2018, dont 80 atteintes physiques à la personne. Soit une hausse de 74% en un an. A cela s’ajoutent les injures reçues par l’académicien Alain Finkelkraut samedi, à Paris. Des images violentes qui viennent s’ajouter aux pancartes que l’on voit dans les manifs des "gilets jaunes" : "Macron = Rothschild".

"Depuis trois mois, la parole se libère, constate Véronique Jacquier. Ça ne veut pas dire que tous les 'gilets jaunes' sont antisémites. Mais la libération de la parole est un prolongement de ce que l’on trouve sur les réseaux sociaux : c’est le grand défouloir. La haine, sans filtre".

Un antisémitisme d'extrême-gauche

Pour autant, la France est-elle antisémite, et l’est-elle plus qu’avant ? Il y a toujours eu un fond d’antisémitisme dans notre pays : l’affaire Dreyfus, l’écrivain Céline, Charles Maurras et toute la frange d’une certaine droite. Mais si l’antisémitisme est encore présent à l’extrême droite, il est surtout vivace à l’extrême gauche, prompte à défendre la cause palestinienne. "Surtout, depuis plus de vingt ans, nous vivons dans certaines banlieues une exportation du conflit israélo-palestinien, constate Véronique Jacquier. Les musulmans, dans notre pays, sont-ils pour le vivre ensemble avec les juifs ? Ces dernières années, 50.000 Juifs d’Île-de-France ont quitté certaines cités, parce que leurs enfants ne pouvaient plus aller à l’école de la République. Si la France n’est pas antisémite, il y a des poches d’antisémitisme et il faut crever les abcès".
 
Du coup, à quoi bon manifester ? "Manifester ce soir, c’est bien, rappelle Véronique Jacquier. Mais la France n’est pas le pays des commémorations, des bouquets de fleurs et des chandelles". Ces dernières années, onze personnes ont été tuées dans notre pays parce qu’elles étaient de confession juive, non pas par l’extrême droite mais par des islamistes radicaux. "Souvenons-nous des enfants de l’école juive de Toulouse, des victimes de l’hyper casher, de Sarah Halimi et de Mireille Knoll. Il y a un an, une marche blanche avait lieu en mémoire de Mireille Knoll. Il faut maintenant agir, s’attaquer aux territoires perdus de la République. Il faut aussi demander que les versets du Coran appelant au châtiment des juifs et des chrétiens soient frappés d’obsolescence par les théologiens. L’Islam de France doit montrer la voie."

Un antisémitisme islamiste en France

"Je crois qu’il y a des poches, mais la France n’est absolument pas antisémite, estime Antoine Spire, vice-président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA). Le problème, c’est que l’antisémitisme n’est plus seulement l’affaire de l’extrême-droite, c'est aujourd’hui aussi l’affaire de l’islamisme qui souhaite, avec un islam politique, imposer l’antisémitisme à un certain nombre de Français parce qu’ils sont de culture musulmane et que cette culture musulmane peut déraper vers l’islamisme. Il y a des choses que l’on n’osait pas dire. On n’a pas voulu apercevoir suffisamment tôt cet antisémitisme islamiste et la manière dont d’extrême-gauche s’en est saisie pour dire que ça suffisait avec les juifs. Et là vient le prétexte d’Israël et le mot antisionisme. On en est arrivé à dire que le droit à exister de l’État d’Israël n’était pas accepté. Entre le désaccord et le refus du droit à l’existence, il y  a un pas. On peut être en désaccord avec sa politique sans être antisémite ou antisioniste".

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Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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