Gilets Jaunes : les casseurs doivent-ils payer ?

Gilets Jaunes ©VALERY HACHE - AFP
Des contraventions pour décourager les Gilets Jaunes de venir sur les ronds-points. ©VALERY HACHE - AFP

Faut-il faire payer les casseurs ? C’est la question posée aux auditeurs par  Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 9 Janvier. Avec pour invités :
- Maïlys Sanchez, Gilet Jaune à Perpignan ;
- Marcel Bénézet, président de la branche des cafés bars et brasseries du SYNHORCAT (Syndicat National des Hôteliers Restaurateurs Cafetiers et Traiteurs) ;
- Idhir Ghanes, gilet jaune de Massy, informaticien ;
- Philippe-Henry Honneger, avocat pénaliste au cabinet Ruben & associés.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Edouard Philippe a validé le principe du casseur-payeur lundi soir sur TF1. Pour autant, est-ce une évidence de faire payer les casseurs ? Certes, la loi le permet déjà : soit le casseur est pris la main dans le sac et est condamné à rembourser lorsqu’il comparait en justice. Soit la manifestation est organisée par un syndicat, les casseurs ne sont pas interpellés, et dans ce cas, l’organisation syndicale est alors responsable.

Aucun interlocuteur officiel

Mais dans le cas des Gilets Jaunes, il n’y a pas d’interlocuteur officiel bien que, pour la première fois, à Paris samedi, une manifestation ait été déclarée. "Mais en attendant de connaître d’éventuels Gilets Jaunes responsables, les casseurs doivent payer, souligne Véronique Jacquier. Est-ce que les paroles d’Edouard Philippe changent quelque chose dans la façon de les appréhender ? Pas du tout." D’autant plus que l’identification des casseurs est souvent très difficile. Ainsi, pour les dégradations commises sur l’Arc de Triomphe en décembre dernier, si une vingtaine de personnes ont été interpellées, les autres n’ont pas encore été identifiées. En sus de devoir analyser des centaines d’heures de vidéo, la majorité des casseurs portaient des masques et des gants...

Une sévérité à géométrie variable

Serait-il donc impossible de faire payer les casseurs dans les manifestations des Gilets Jaunes ? "C’est impossible sauf s’ils décident de déclarer toutes les manifestations et d’avoir un véritable service d’ordre afin de coopérer avec la police pour neutraliser les personnalités violentes", souligne Véronique Jacquier. Dans les conflits sociaux, il y a des précédents où des casseurs ont été lourdement condamnés : six anciens Bonnets rouges ont été condamnés l’an passé à verser plus de 200.000 euros à l’État pour l’incendie d’un portique écotaxe dans la Manche en 2013.

Une autre arme est utilisée au quotidien pour décourager les Gilets Jaunes : de simples contraventions. "J’en ai déjà reçu deux parce que j’avais ma voiture sur le rond-point du péage nord de Perpignan pour apporter des repas pour les Gilets Jaunes, confie Maïlys Sanchez. Au début du mouvement, ils nous laissaient monter sur le rond-point déposer à manger et se garer autour. Du jour au lendemain, ils ont commencé à venir mettre des amendes. Les cagnottes mises en place ne suffiront pas à payer toutes les amendes, mais nous verrons cela entre nous. Cela a fonctionné, nous faisons du covoiturage et nous sommes beaucoup moins qu’au début. Mais nous sommes toujours là."

Au-delà des incantations et des contraventions, sur le principe du casseur-payeur, Edouard Philippe n’a toutefois pas la même sévérité avec les auteurs de dégradations commises lors d’échauffourées en banlieue ou avec les étudiants responsables de 5 millions d’euros de dégradations lors du blocage des universités en juin dernier. Pourtant, ces étudiants casseurs étaient parfaitement identifiables. "Moralité : bien sûr que les casseurs doivent payer mais il est fort probable que les paroles d’Edouard Philippe restent des incantations. Heureusement le contribuable est toujours là pour payer l’addition."
 

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