"Gilets jaunes" : faut-il être violent pour se faire entendre ?

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À quoi bon créer un nouveau fichier pour les casseurs ? ©BERTRAND GUAY - AFP

Dans la crise sociale et politique que nous traversons, la violence devient-elle incontournable ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio, le 8 Janvier 2019. Avec pour invités :
- Fabrice Angei, secrétaire confédéral de la CGT ;
- Faouzi Lellouche, "gilet jaune" ;
- Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots ;
- Grégory Joron, secrétaire national d’Unité SGP Police FO.

Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

C’est un fait et un mauvais signal envoyé aux porteurs de revendications en tous genres : le gouvernement a cédé à la violence. Avant Noël, l’Arc de Triomphe a été vandalisé, des voitures brûlées, des centaines de radars vandalisés… Bilan : Emmanuel Macron trouve dix milliards d’euros pour assurer un maigre pouvoir d’achat en plus à certains "gilets jaunes".

La violence régulièrement récompensée

"La mobilisation et la violence ont donc payé, estime Véronique Jacquier. Ce fut déjà le cas en 2013 lors de la mobilisation des 'bonnets rouges'. Des portiques arrachés, des affrontements entre police et manifestants, avaient eu raison de l’écotaxe…". Ce fut d’ailleurs également le cas en 2006, au sujet du "contrat première embauche" (CPE), retiré alors que le texte avait été voté au parlement. Entre pression de la rue et fortes tensions dans les facultés, le gouvernement redoutait des victimes parmi les lycéens et les étudiants. Et que dire des salariés de Continental, qui ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne en 2009, excédés de ne pas être entendus par le gouvernement ? Une heure après, ils obtenaient un rendez-vous. "Alors, oui, malheureusement, il faut être violent pour se faire entendre. Et avec les 'gilets jaunes', exaspérés par la surdité du pouvoir, la violence va crescendo."
 
Lundi 7 janvier 2019 au soir, lors du journal de 20 heures, Édouard Philippe a fait le distinguo entre les "gilets jaunes" et ceux qui s’attaquent aux institutions, annonçant d’ailleurs la création d’un fichier de casseurs. En effet, la violence n’est pas toujours le fait des "gilets jaunes"… "Pour autant, la position des 'gilets jaunes' est ambivalente, estime Véronique Jacquier. Se mobiliser dans une manifestation non déclarée, c’est indirectement cautionner des dérapages. Et il n’y a pas que des casseurs qui ont saccagé des magasins ou frappé des policiers sur les ponts parisiens, samedi dernier. On le voit sur les vidéos : il y avait aussi des 'gilets jaunes'. L’effet d’entraînement dans la violence est propre à toute manifestation. Édouard Philippe n’a apporté, hier soir, qu’une réponse sécuritaire. Maigre réponse pour contenir une violence populaire".

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Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
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