éditorial

L'édito de Véronique Jacquier

Véronique Jacquier
Société

Gilets Jaunes : faut-il attendre les annonces de Macron pour se remobiliser ?

Les gilets jaunes se préparent pour l’acte 23 demain. Le rendez vous est fixé à Paris pour un ultimatum et une réponse à Emmanuel Macron. Problème : le président n’a toujours pas officiellement présenté ses mesures pour conclure le grand débat. D’où notre question aux auditeurs : ne faut-il pas attendre les annonces présidentielles pour de nouveau se mobiliser ?…

Les mesures qui devaient être annoncées lundi ont fuité. Nous connaissons la teneur du message présidentiel. Et malheureusement il n’est pas à la hauteur du malaise traduit depuis cinq mois par les gilets jaunes. La suppression de l’ENA ? Ce n’est pas ce que demandaient les gilets jaunes et les français qui ont participé au grand débat. La ré indexation des petites retraites sur l’inflation ?

Pourquoi la mesure ne concerne t’elle pas toutes les retraites ? Au dessus de 2 000 euros, ce n’est pas volé quand vous avez cotisé toute votre vie. Des mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d’achat ? Rien de prévu dans les annonces présidentielles si ce n’est une baisse significative de l’impôt pour les plus modestes. Bref la question du reste à vivre est toujours posée et les gilets jaunes n’ont que de bonnes raisons de rester mobilisés ! Emmanuel Macron devrait s’exprimer après le long weekend de Pâques. Il lui remonte aux oreilles le mécontentement sur ces premières mesures, le fait « d’être à coté de la plaque ». Sans doute va-t-il faire marche arrière sur une ou deux propositions. Et sans doute va-t-il nous réserver une surprise pour se réconcilier avec les Français…

Donc est ce que ça a encore un sens de manifester demain en promettant un ultimatum ? En plus la manif va tomber en pleine trêve politique respectée pour la cathédrale Notre Dame…Les gilets jaunes sont divisés sur l’idée ou non de respecter un temps de recueillement demain lors de la manif à Paris mais ils sont tous d’accord pour continuer à mettre la pression sur l’exécutif. Sur le pouvoir d’achat Emmanuel Macron doit enfin opter pour une mesure forte : mettre la TVA à 10% au lieu de 20 sur l’électricité que tout le monde paie. Ça couterait 2 milliards d’euros. Sur le plan symbolique : supprimer les privilèges des anciens présidents de la République et des anciens ministres. Cout pour le contribuable : plus de 8 millions d’euros. Bref montrer qu’il a compris ce que veulent lui dire bon nombre de français. Emmanuel Macron a bien prévu une concertation, une conférence sociale début juillet sur le reste à vivre notamment. Il joue encore sur le temps long. C’est peine perdue. Les gilets jaunes n’ont pas prévu d’être épuisés.

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