Finkielkraut victime du "nouvel antisémitisme" ?

Alain Finkielkraut
Robert Redeker, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10, revient sur les insultes contre Alain Finkielkraut. AFP

Robert Redeker, agrégé de philosophie, auteur de nombreux livres comme L'Éclipse de la mort (Desclée de Brouwer), ou Peut-on encore aimer le football ? (Éditions du Rocher), était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 18 février animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur les insultes contre Alain Finkielkraut, qui se dit être victime d'un "nouvel antisémitisme".

"C'est un nouvel antisémitisme plutôt ancré à gauche et dans l'islamisme radical"

Alain Finkielkraut dit être victime d'un "nouvel antisémitisme". Robert Redeker, agrégé de philosophie et auteur de nombreux livres comme L'Éclipse de la mort (Desclée de Brouwer), ou Peut-on encore aimer le football ? (Éditions du Rocher), pense la même chose : "jusqu'ici, il y avait l'antisémitisme d'origine endogène, qui puise ses racines dans la tradition catholique, un antisémitisme porté par l'extrême droite, par Maurras par exemple entre les deux guerres. Nous avons vu arriver un antisémitisme désormais plutôt de gauche et en alliance avec la mouvance islamiste radicale, les salafistes. On voit l'ambiguïté de la France insoumise, du Parti communiste et de certains morceaux du Parti socialiste par rapport à cet antisémitisme-là, qu'ils n'excusent pas mais qu'ils cherchent à déguiser en antisionisme."

Le suspect qui a agressé verbalement Alain Finkielkraut appartiendrait à cette mouvance islamiste radicale. "Et l'antisionisme en est le masque. Le président Macron a d'ailleurs dit que l'antisionisme est la nouvelle forme de l'antisémitisme. Il y a le prétexte de la critique d'un État, qui est en fait une mise en cause ontologique du droit à l'existence de cet État, qui est le masque d'une haine plus décisive des juifs en tant que juifs. Et c'est cette haine qui s'est exprimée contre Alain Finkielkraut. C'est aussi la haine de la réussite de juifs en France, une haine de la France comme patrie de réussite pour les juifs.

Est-ce une nouvelle fois la volonté d'importer le conflit israélo-palestinien à travers ces revendications ? "Pour ces gens-là, le conflit est mondial. Au Maroc par exemple, qui est quand même très éloigné du Moyen-Orient, la question israélo-palestinienne revient tout le temps sur le devant de la scène. C'est une exportation mondiale à des fins d'agitprop, pour gagner certaines masses d'un conflit localisé."

Gilets Jaunes : "il y avait 1.500 manifestants à Paris, c'est homéopathique"

Concernant l'évolution des Gilets Jaunes, "c'est un mouvement qui devient très minoritaire, 50.000 manifestants sur 68 millions d'habitants, c'est vraiment infime. Dimanche 17 février, il y avait 1.500 manifestants à Paris, c'est homéopathique.

Ceci dit, j'étais d'accord avec Alain Finkielkraut là-dessus, à son début, le mouvement des Gilets Jaunes portait des questions très intéressantes. Ensuite, sans doute à cause de son manque de structuration, il s'est laissé infiltrer par trois sortes d'extrémismes : de droite, de gauche et l'islamo-gauchisme. C'est très dommage, et je crois que ces infiltrations sont la cause de son déclin de popularité".

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