Déserts médicaux : "je leur offre le cabinet, mais je n'ai aucun coup de téléphone"

médecin généraliste
Le gouvernement veut s'attaquer aux déserts médicaux. AFP

Le Val d'Oise, comme beaucoup d'autres régions, souffre de pénurie de médecins et les généralistes se font de plus en plus rares. Un problème auquel ne répond pas le projet de Loi Santé qui arrive aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Prêt à partir à la retraite, un médecin de Cergy-Pontoise offre son cabinet mais il ne trouve pas de repreneur. Clément Bargain de Sud Radio est allé à sa rencontre. 

"Je leur offre le cabinet, mais je n'ai aucun coup de téléphone"

À 68 ans, ce médecin aimerait bien prendre sa retraite, mais "aucun coup de téléphone. Je leur offre le cabinet... Je ne leur donne pas les murs, mais je leur offre tout ! Et je ne trouve personne..." confie-t-il au micro de Clément Bargain de Sud Radio. À Cergy-Pontoise, il y a moins de 90 médecins généralistes pour plus de 200.000 habitants. À lui seul, ce médecin s'occupe de 2.800 patients, qu'il ne veut pas abandonner : "si je pars demain, il faut qu'ils aillent ailleurs. Mais où ?"

Le gouvernement veut s'attaquer à ces déserts médicaux en regroupant notamment les professionnels de santé dans des maisons médicales, mais il reste sceptique : "Il y a un gros groupe médical au-dessus de chez moi, mais ils ne reçoivent que sur rendez-vous. Imaginez une simple angine, 40 de fièvre et si ça tourne en méningite et que le lendemain on vous dit 'vous n'avez pas pu le recevoir, il est mort..."

Les généralistes devront augmenter les cadences, à un rythme insoutenable

Le problème, c'est le manque de médecins. Le gouvernement promet 4.000 postes d'assistants médicaux pour les épauler, mais en contrepartie, les généralistes devront augmenter les cadences, à un rythme insoutenable. "Lorsque la personne vient, elle a un problème de coeur, de poumon, au pied, et qu'il faut revoir le traitement, ce n'est pas en dix minutes qu'on va régler le problème".

Les médecins généralistes isolés se sentent abandonnés par le gouvernement, pas suffisamment consultés, ils réclament des aides pour la survie des petits cabinets. 

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