Comment fonctionnent les "produits marquants codés", qui seront utilisés contre les casseurs ?

casseurs Champs Élysées
Les produits marquants codés (PMC) seront utilisés pour lutter contre les casseurs. AFP

Marquer avec un spray les Black Blocs pour les identifier et les interpeller : c'est l'une des solutions annoncées par le Premier ministre Édouard Philippe pour lutter contre les casseurs. On les appelle les produits marquants codés (PMC), et ils sont utilisés déjà depuis plusieurs années par certains commerçants afin d'éviter les cambriolages. Pour en équiper les policiers, les négociations et les tests ont duré près de huit ans. Benjamin Glaise de Sud Radio a rencontré le directeur général d'une entreprise française qui est prête à fournir les forces de l'ordre.

"Ça tient entre 90 et 120 jours sur la peau, et sur les vêtements, c'est à vie"

Selon Pascal Kouppé, le patron d'une entreprise qui commercialise en France ces marqueurs, à l'usage, c'est un peu comme utiliser un simple pistolet à eau : "ça projette sur près de cinq mètres". Le produit, incolore et inodore est composé d'eau, à 90%, et de molécules végétales. "Sur la peau, on ne voit rien du tout, et ça apparaît immédiatement quand on allume avec la lampe à UV, car les UV permettent de repérer le marquage."

Chaque spray détient sont propre code ADN, c'est ce qui permet d'identifier une personne même plusieurs semaines après avoir été marquée : "ça tient entre 90 et 120 jours sur la peau, et sur les vêtements, c'est à vie. Après une quinzaine de lavages, le marquage était encore présent". 

"Il faudra faire la preuve que la personne qui a été marquée avait l'intention de commettre un délit ou était en train de le faire"

Déjà utilisé par des commerces depuis 2011, ces produits ont été expérimentés par la police, lors de la manifestation du 1er mai dernier. À l'avenir, ils pourraient faire partie de l'arsenal des forces de l'ordre face aux casseurs. 

Selon l'avocat Thierry Vallat, il s'agit d'une avancée, mais attention à ne pas y voir la solution miracle : "il faudra faire la preuve que la personne qui a été marquée avait l'intention de commettre un délit ou était en train de le faire. Il faudra que ce soit corroboré par d'autres éléments, comme les témoignages ou éventuellement par drone, puisque les drones de surveillance vont également être systématiquement utilisés maintenant lors des manifestations".

Et dans le monde, 44 polices sont déjà équipées de ces produits marquants codés.

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