Ian Brossat "souhaite" des Gilets Jaunes sur sa liste aux européennes

Ian Brossat, porte-parole et tête de liste PCF aux élections européennes, adjoint à la mairie de Paris, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

"Le monde du travail a réussi à s'emparer du micro." Invité politique du Grand Matin Sud Radio, Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste aux élections européennes a jugé "formidable" le mouvement des Gilets Jaunes, parce que "toute une France qu'on n'entendait pas s'exprime enfin".

Il faut que les Gilets Jaunes nous bousculent, que la politique s'inspire de ce qu'ils ont dit

 

 

"Beaucoup de gens se sont mis à parler et n'ont pas envie que leur parole disparaisse", a poursuivi le porte-parole du PCF, adjoint à la mairie de Paris. Celui qui mènera la liste du PCF aux prochaines élections européennes souhaite d'ailleurs que sa liste fasse apparaître des représentants de ce mouvement : "J'ai envie de faire une place sur ma liste aux européennes aux gens qui se sont mobilisés ces derniers mois. Il faut qu'ils nous bousculent, que la politique s'inspire de ce qu'ils ont dit. C'est ça notre travail (...) Je souhaite qu'il y ait des Gilets Jaunes sur notre liste."

Une "gigantesque entourloupe" autour du Smic

Pour Ian Brossat, "le gouvernement va devoir revoir sa copie" s'il entend calmer la colère des Gilets Jaunes et répondre aux aspirations à plus de pouvoir d'achat. Car, estime-t-il, l'annonce autour du Smic s'apparente à une "gigantesque entourloupe". 

 

 

"Plus le temps passe, moins on comprend quoi que ce soit à cette mesure. Elle devait intervenir au 1er janvier, maintenant, c'est au 1er février. Et on apprend maintenant, surtout, qu'elle ne concernera plus qu'un smicard sur deux. Il y avait un moyen très simple d'augmenter le pouvoir d'achat des smicards, c'était d'augmenter le smic, comme on le fait normalement. Nous, au PCF, on était favorable à une augmentation de 200 euros. Le gouvernement a fait un choix différent, qui est celui de ne pas toucher aux entreprises et de faire payer cette augmentation par le contribuable. C'est absurde..."

Tout le dispositif du CICE est absurde parce qu'il n'exige aucune contrepartie. Rendez l'argent !

Plutôt que de "faire payer le contribuable", Ian Brossat propose une réorientation du CICE dont il dénonce l'inefficacité en matière d'emplois, citant l'exemple de Ford qui s'apprête à fermer l'usine de Blanquefort.

 

 

"Quand vous voyez qu'une entreprise comme Ford a bénéficié de 46 millions d'euros entre 2013 et 2017 et qu'elle s'apprête à mettre à la porte 1000 salariés, on se dit que le CICE serait beaucoup plus utile s'il aidait les petites entreprises, ce qui leur aurait permis d'augmenter le Smic comme nous le proposions. C'est aberrant de donner de l'argent public à des entreprises qui, derrière, ne créent pas d'emploi. Tout le dispositif du CICE est absurde parce qu'il n'exige aucune contrepartie. Rendez l'argent ! Ford n'est pas une exception. Plein d'entreprises ont touché le jackpot et ont, derrière, procédé à des licenciements."

 

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