Gilbert Collard: "L'Elysée est resté un bunker"

Invité du "Petit déjeuner politique", le député Rassemblement national du Gard s'avoue peu convaincu par la lettre aux Français du président Macron, qu'il estime déconnecté de la colère exprimée par les gilets jaunes.

"On n'enrégimente pas un débat !"

J'ai lu cette lettre et je me suis: dit Jupiter devient Morphée. Elle est soporifique, longue. Je n'ai pas appris grand-chose. Si ce n'est le déni: pas une seule fois je n'ai vu le mot "gilet jaune" ! Cette lettre, elle nous dit que l'Elysée reste l'Elysée et que, enfermés dans leur bunker, ils n'ont pas du tout envie qu'un certain peuple aborde les questions qui fâchent: l'ISF, la fiscalité du patrimoine, l'immigration.

Gibert Collard, qui ne croit pas davantage au futur grand débat national promis par l'exécutif:

Il va se boycotter tout seul. 70% des Français ne croient pas à ce grand débat. On n'enrégimente pas un débat. Dans un débat, il y a quelque-chose de l'ordre de la spontanéité, du surgissement.

"On oppose les ronds de cuir aux ronds-points. Les gilets jaunes reviendront"

Le député du Gard, pour qui ces réponses du président de la République sont sans commune mesure avec la fougue démocratique exprimée depuis deux mois:

Ce mouvement des gilets jaunes, il est multiple, contradictoire. On y trouve toute sorte de représentations politiques, parfois même une espèce d'anarchisme, une perception libertaire. J'ai l'impression qu'on oppose les ronds de cuirs aux ronds-points. On en a marre de ces bureau-technocrates qui nous imposent leur vision de la société et du monde. Cette techno-bureaucratie bancaire et juridictionelle, le peuple en étouffe. Et on n'a pas réussi à casser les vitres qui permettraient cette respiration. C'est la raison pour lesquelles les gilets jaunes reviendront, peut-être que le gilet sera d'une autre couleur. Il y a une espèce d'asphyxie psychique et mentale... On étouffe dans ce pays !

Des élections à un seul tour: "Je suis pour la proportionnelle totale"

Parmi les sujets de débat proposés par Emmanuel Macron pour répondre à l'enjeu démocratique, l'instauration d'une dose de proportionnelle. Il faut aller plus loin selon Gilbert Collard:

Je suis pour la proportionnelle totale: celui qui arrive en tête au premier tout est élu. Je trouve complètement anormale cette organisation électorale qui permet les tractations, les combines, et qui fait qu'on est chaque fois cocus. C'est ce qui fait qu'un nombre considérable de Français ont le dégoût de la politique !

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