"La négociation n’existe plus, ils veulent créer le chaos le plus vite possible"

Les forces de l'ordre confrontés à un nouveau mode opératoire terroriste (©Tim Douet)

Invité du Grand Matin Été sur Sud Radio, Lilian Laugerat, ex-négociateur du GIGN, évoque après les attentats en Catalogne un changement de mode opératoire chez les terroristes d’aujourd’hui.

Les services de sécurité et de renseignement sont sur le qui-vive en Espagne après la double attaque terroriste qui a eu lieu hier soir et cette nuit à Barcelone et à Cambrils (Catalogne). Alors que tous les responsables de l’attentat de Barcelone n’ont pas encore été interpellés et que cinq suspects ont été abattus à Cambrils, les forces de l’ordre doivent faire face à des situations très différentes selon les cas, comme le confirme Lilian Laugerat, ex-négociateur du GIGN et invité du Grand Matin Été de Sud Radio ce vendredi.

"Il y a toujours une période de chaos dans les premiers instants"

"Tout dépend de la situation, et on a vu hier des situations assez différentes. On a d’abord vu ce véhicule qui a fauché des personnes, avec des terroristes qui se sont enfuis et beaucoup de rumeurs et d’informations qu’il fallait confirmer. Ensuite, en pleine nuit, les forces de l’ordre ont tout de suite été confrontées aux terroristes, qui ont pu être neutralisés très rapidement. Comme on a pu le constater dans les premiers témoignages, il y a toujours une période de chaos dans les premiers instants, et il est toujours très difficile pour les forces de l’ordre d’avoir les bonnes informations et de savoir quel mode opératoire utiliser dans les premières minutes", déclare-t-il.

"Ce sont les forces de l’ordre qui vont choisir le meilleur moment pour intervenir, mais le risque zéro n’existe pas dans une intervention de ce type, face à des personnes très motivées et ne répondant pas du tout obligatoirement aux injonctions des forces de l’ordre", ajoute-t-il avant de rappeler l’importance de la capture des terroristes, lorsque celle-ci est possible. "On va tout faire pour essayer de les capturer, car ce sont toujours des sources d’informations importantes et on va chercher à comprendre. Plus vous capturez de terroristes, plus vous comprenez leurs motivations, leurs modes opératoire, leurs objectifs, etc.", confirme-t-il.

"Les méthodes qu’on utilisait il y a quelques années ne fonctionnent plus aujourd’hui"

Problème, les terroristes d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes que ceux d’hier. "On a en face de nous des adversaires qui ont changé de mode opératoire, la négociation n’existe plus. Pour eux, l’objectif est de créer le chaos le plus rapidement possible et de faire un maximum de victimes pour que l’impact soit fort dans les populations et au niveau médiatique. Toutes les méthodes qu’on utilisait il y a encore quelques années face à des terroristes qui avaient des revendications très politiques ne fonctionnent plus malheureusement aujourd’hui. (…) Face au profil psychologique et aux intentions des personnes qu’on a en face de nous aujourd’hui, il est très difficile de négocier. Communiquer, c’est possible, mais résoudre la situation est devenue extrêmement compliquée à l’heure actuelle", déplore Lilian Laugerat.

Réécoutez ici l'intégralité de l'interview de Lilian Laugerat dans le Grand Matin Été

 

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