éditorial

L'édito de Laurent Mauduit

Laurent Mauduit Éditorialiste Sud Radio
Economie

L'échec du théorème de Schmitt

Les entreprises seront très peu mises à contribution pour financer le plan de gouvernement pour calmer la colère sociale. C’est injustifiable.

Dans le plan Macron, les entreprises sont effectivement sanctuarisées. Primo, comme on le sait, elles ne vont pas être impactées par la hausse du SMIC, qui sera majoré grâce à un relèvement de la prime d’activité. Et puis deuxio, sur les 10 milliards d’euros que va coûter le plan, leur contribution ne sera que de 2,5 milliards. Et encore, cette contribution n’en est pas une, puisqu’il s’agit pour moitié d’un report d’un an, pour les plus grandes entreprises, de la baisse de l’impôt sur les sociétés.

Et cela, c’est très révélateur de la politique très accommodante d’Emmanuel Macron à l’égard des entreprises. Une politique qui repose sur un théorème célèbre, le théorème de Schmitt. Ce théorème c’est la formule célèbre inventée par l’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt : "Les profits d’aujourd’hui, sont les investissements de demain, et les emplois d’après-demain". Sous entendu : il faut aider les entreprises le plus possible ; les aider sans conditions ; améliorer leur environnement… et toute l’économie, en bout de course en profitera.

C’est cela la philosophie qui sous-tend les choix d’Emmanuel Macron. C’est pour cela qu’il ne veut surtout pas remettre en cause le CICE et les 20 milliards qu’il apporte aux entreprises. C’est pour cela qu’il ne veut surtout pas d’une véritable hausse du Smic. Mais il a tort. Parce que l’on sait depuis belle lurette que le théorème de Schmidt ne fonctionne pas. Les profits d’aujourd’hui ne font pas les investissements de demain ni les emplois d’après demain. Au lieu de tout cela, ils viennent gonfler les dividendes servis aux actionnaires.

Et la preuve, vous l’avez sous les yeux : c’est l’affaire Ford de Blanquefort. Ford qui a été gorgé de subventions publiques depuis 5 ans. Des subventions sans contrepartie, au profit d’un groupe qui au plan mondial fait plus de 6 milliards d’euros de profit, et qui n’en est pas le moins du monde reconnaissant puisqu’il veut fermer le site de Blanquefort, alors même qu’il y a un repreneur.

La morale de l’histoire, c’est que ce théorème est une fumisterie. Et que cette politique génère… des effets d’aubaine. Mais pas d’effet sur l’emploi.

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