Peut-on aimer et rester libre ? La réponse de Brigitte Lahaie

Brigitte Lahaie
Toutes les réponses de Brigitte Lahaie à vos questions les plus (p)osées !

Pour beaucoup d’entre nous, l’amour rend dépendant. Ce qui est certain, c’est que la vie à deux demande des adaptations. Les farouches indépendants ne veulent pas sacrifier leur mode de vie, souvent par peur de se perdre. Mais rassurez-vous un équilibre est possible ! 

Sans doute parce que la fusion a été notre premier mode de vie, nous avons tendance à croire que lorsqu’on aime il ne faut plus faire qu’un. Nous l’avons connu bien avant la naissance, dans le ventre de notre mère cette fusion. Nous l’avons adorée les premiers temps de notre existence, donc il est normal d’en avoir peur ou de le rechercher à tout prix. 

Aimer n’est pas une aliénation

Ce n’est pas un moins mais un plus, à condition de comprendre qu’un couple est constitué de deux êtres qui mettent certes une part d’eux-mêmes en commun mais qui gardent aussi une part à eux. Ce fameux jardin secret qui ressemble parfois à un minuscule jardinet ou à la forêt amazonienne. 

C’est d’autant plus compliqué qu’aujourd’hui la pression est forte. Il s’agit de réussir sa vie de couple, sa vie personnelle, sa vie professionnelle, et les femmes ne sont pas en reste. Ce challenge est difficile à relever mais loin d’être impossible. 

Célibataire farouche ou dépendant maladif, un équilibre est possible ! 

Sachez que les personnes qui ne veulent pas vraiment s’engager sont justement celles qui rêvent inconsciemment de fusion. Donc apprenez d’abord à décoder à quel niveau vous en êtes. Zéro, c’est la volonté absolue de rester seul(e) ou de vouloir à tout prix être en symbiose totale avec son partenaire. 

En effet le célibataire farouche et le dépendant maladif souffrent du même malaise ! Sauf que le premier a réussi à faire le deuil du lien trop fort qu’il avait à sa mère au prix de telles souffrances qu’on ne l’y reprendra plus. Tandis que le second est toujours en recherche d’un autre qui pourrait remplacer cette mère. 

Dix serait la note parfaite que très peu d’entre nous obtiendraient. Ceux-là ont le désir de vivre à deux mais restent sereins lorsque l’autre s’éloigne, même pour un long voyage. Ils ne se sentent jamais en danger, avec lui ou sans lui. 

À vous maintenant de vous situer entre ces deux extrêmes. Ensuite, apprenez que « liberté » et « amour » sont des mots dont les définitions sont toujours très personnelles et mouvantes. Quelle est la vôtre, en ce moment ? 

N’hésitez pas à dialoguer sur ce sujet avec votre partenaire afin d’en connaître sa définition. Il ne vous restera plus ensuite qu’à définir les plages de liberté indispensables à chacun d’entre vous, les limites de vos territoires respectifs. À partir de quand vous ne supportez pas que l’autre s’échappe, ou vous échappe… 

Cela semble simple mais ce sera terriblement compliqué, d’autant que les paramètres changeront sans arrêt. Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle ! 

Brigitte Lahaie

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