Comment se remettre d’une rupture ? La réponse de Brigitte Lahaie

Brigitte Lahaie
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Afin d’éviter une trop grande douleur, nous avons tendance à mettre au fond d’un tiroir de notre mémoire des événements... Malheureusement une partie de nous-mêmes s’en rappelle et nous bloque en nous empêchant de repartir vers de nouvelles aventures. Voici pourquoi il est important de faire un travail sur soi lors d’une rupture. 

Une rupture est toujours un événement douloureux qui laisse des séquelles plus ou moins importantes. Raison de plus pour ne pas réagir sur un coup de tête : on quitte par défense, par orgueil et comme on souffre ensuite. On peut quitter quelqu’un justement parce qu’on l’aime encore et qu’il nous a fait souffrir. Si on ne l’aimait plus, nous n’aurions pas si mal. Ne vaut-il pas mieux analyser en profondeur nos sentiments avant de prendre une décision ? 

En fait on ne devrait jamais décider de rompre sous le coup de la colère, de la douleur ou du désespoir. Ce genre de rupture cache souvent une déception mais surtout une déception par rapport à un idéal de l’amour trop élevé. Il s’agit parfois d’un appel au secours : « Je te quitte si tu ne changes pas ». Mais cette demande ne peut aboutir puisqu’on ne formule que la première partie de la pensée. 

Mais si la rupture est vraiment la seule solution et bien il faut comprendre que c’est un peu comme un mariage, il faudra du temps pour s’adapter. Avant un mariage, il y a les fiançailles, après un divorce, il faudrait une phase de réconciliation. 

Ne pas chercher à retenir l’autre à tout prix

Lorsque l’amour est desservi, ne tentez pas de vous raccrocher à l’autre. Les scènes, les concessions, les espoirs, les pleurs ou les prières ne mènent à rien si l’autre ne nous aime plus. Au mieux notre compagnon se sentira obligé de rester par pitié. Et comment, après une passion partagée, pouvoir vivre une relation tiède où l’on mendie des morceaux de tendresse ? Alors pour ça, il est indispensable de comprendre que tout est fini afin de ne pas se nourrir d’espoir, ce qui entrave toujours le travail de deuil. 

Comprendre ce qui nous a mené à la rupture 

Plutôt que de tout faire pour empêcher l’autre de partir, mieux vaut tenter de comprendre pourquoi on en est arrivé là afin de se préserver pour l’avenir, lors d’une prochaine relation mais aussi pour savoir tourner la page. Tout ce qui n’est pas réellement consommé et digéré, peut nuire à une histoire future. Bien sûr une histoire d’amour peut faire souffrir mais elle peut aussi nous aider à mieux nous connaître et à nous construire. 

Les armes pour s’en sortir 

Lors d’une rupture, on aime à se répéter que notre compagnon n’était pas assez bien pour nous, cela permet de renforcer son narcissisme et ne pas tomber dans une baisse d’estime de soi. Car si on reste persuadé que notre partenaire est quelqu’un de formidable, en étant quitté, cela nous renvoie une image plus négative de nous-même et la dépression n’est pas loin. Quelques notes d’agressivité et de haine ou de colère sont nécessaires pour s’en sortir. On comprend donc pourquoi les ruptures sont souvent faites de conflits importants. En agressant celui qui nous a quitté, on peut lui faire le mal qu’il est en train de nous faire. Les personnes qui s’en sortent le mieux sont celles qui sont capables de réinvestir tout de suite. Ne jugeons pas, c’est un instinct de survie. 

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir ce ressort intérieur, alors on se sent désarmé, abandonné, on tombe dans une déprime plus ou moins profonde. On peut perdre l’appétit, le goût de vivre après une rupture sentimentale, voire se donner la mort, les jeunes gens se suicident beaucoup à cause d’un chagrin d’amour. Le choc est parfois tel qu’il met en danger l’appareil psychique. Si la personnalité n’est pas assez forgée, la personne peut se sentir anéantie. 

Il faut donc éviter d’être seul(e) après une rupture et il faut comprendre qu’on a mal et l’accepter un temps. Le déni de la souffrance ne la fera jamais disparaître. 

Brigitte Lahaie

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