La ville de Valence installe des panneaux contre la prostitution

Prostituées
AFP

Le maire de Valence a fait installer ce jeudi matin quatre grands panneaux aux entrées de la base de loisirs de l'Epervière, car la prostitution dans le parc fait l'objet de nombreuses plaintes de riverains et des familles qui s'y promènent. Alors faut-il rouvrir les maisons closes? Pour en débattre, Thierry Schaffauser, président du Strass (syndicat du travail sexuel) est l’invité des Vraies Voix sur Sud Radio

Le maire de Valence a fait installer hier matin, quatre grands panneaux aux entrées de la base de loisirs de l'Epervière, car la prostitution dans le parc fait l'objet de nombreuses plaintes de riverains et de familles qui s'y promènent. Des panneaux de deux mètres sur trois rappellent la forte amende encourue par ceux qui ont recours à la prostitution. C'est une initiative du maire de Valence Nicolas Daragon, lassé des plaintes de riverains et de familles se promenant dans le parc : « Je sais bien que je ne réglerai pas le problème de la prostitution" explique l’élu "mais au moins, il faut que les enfants ne croisent pas la route de gens qui consomment des actes sexuels »

Le site réaménagé est un lieu de promenade important le week-end. Il est traversé par la ViaRhôna, la voie cycliste le long du Rhône. On y trouve également des terrains de tennis, le port de plaisance et puis...des camions de prostituées. Si le recours à la prostitution est constaté, la procédure est transmise à la police nationale puis au procureur de la République qui décide des poursuites. Plusieurs clients ont ainsi été convoqués devant le délégué du procureur. A priori aucun d’entre-eux n’a été condamnés à l'amende maximale de 1500 euros.

Comment cette initiative est-elle reçue par « Les travailleurs du sexe » de Valence ? Thierry Schaffauser, président du Strass (syndicat du travail sexuel) répond à Christophe Bordet dans les Vraies Voix sur Sud Radio: « Nous condamnons évidemment cette initiative. Cela fait des siècles que l’on veut nous interdire et que nous sommes toujours là. Aujourd’hui, il s’agit d’une mesure qui sert plus de communication pour lui. S’il était sérieux, il ferait des concertations entre nous et les familles qui se plaignent. Et puis pourquoi se plaignent-elles ? Si c’est juste parce qu’il y a des camionnettes dans la rue, ça ne gêne personne ».

Christophe Bordet insiste : « Les familles se plaignent car elles se promènent avec des enfants et là derrière un arbre, il y a une prostitué par exemple ». Thierry Schaffauser rétorque : « Il n’y a pas d’exhibitionnisme. Ça s’est interdit par la loi. Mais attendre dans une camionnette au bord d’une route, ça n’est pas interdit. On ne commet aucune infraction. On a quand même le droit d’exister dans l’espace public ! »

Réécoutez le débat » Faut-il rouvrir les maisons close ? » de l'émission Les Vraies Voix, présentée par Christophe Bordet, en podcast, sur Sud Radio

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