Procès Charlie : "Les familles de victimes s'attendent à voir les mis en cause dans le box, pas dans la salle des pas perdus"

À partir de ce mercredi, la France rouvre une blessure encore vive avec le procès des attentats commis à Paris en janvier 2015, contre la rédaction de Charlie Hebdo, puis à Montrouge et à l’Hyper Casher. Des attentats qui ont fait 17 victimes.

La salle qui va accueillir les audiences du procès des attentats de Charlie Hebdo à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Les tueurs sont morts sur les lieux de leurs crimes, mais 14 accusés sont suspectés de leur avoir apporté un soutien logistique. Seulement 11 d'entre eux seront présents: les trois autres, portés disparus en Syrie, seront donc jugés par contumace, dans cette cour d’assise spéciale qui va durer 10 semaines, pour tenter de comprendre la chaîne logistique qui a mené à l’horreur. Un dispositif de sécurité exceptionnel est déployé pour ce procès hors-normes, plus de 500 personnes attendues, 90 avocats des deux parties, et 197 personnes constituées parties civile, en leur nom ou au nom de l’un des 17 disparus.

 

Une étape éprouvante, explique Olivia Mons, porte-parole de France Victime, une association qui écoute et accompagne les personnes touchés par les attentats en France, et qui sera présente au procès pour accueillir et les assister dans l’épreuve

 

 

"On a des victimes qui attendent de savoir beaucoup de choses par rapport à l'organisation, à la personnalité de ces auteurs et des mis en cause dans le box. Qu'est-ce qui s'est passé dans leur tête, pourquoi ils ont fait ça? Est-ce qu'ils avaient conscience de participer à quelque-chose d'aussi sidérant pour les personnes elles-mêmes, mais aussi pour la nation... Et d'autres qui n'attendent rien, car la douleur est toujours trop vive, et que de toute façon le procès ne leur rendra par leur défunt ou leur défunte" - Olivia Mons, porte-parole de France Victime (jointe par Mathilde Jullien)

 

Sens de circulation

Le dispositif de sécurité est exceptionnel, il va mobiliser une centaine de policiers chaque jour, des fouilles à l'entrée. Des drones surveilleront au dessus du tribunal, dans lequel tout a été prévu pour que les victimes ne croisent pas les accusés, explique Olivia Mons.

 

 

"Tout est extrêmement précis dans la circulation et la sécurité des uns et des autres. Il y a un traumatisme qui, parfois, n'a pas été refermé et va se ré-ouvrir. Quand on prépare une organisation de procès comme ça, on sait très bien qu'on ne doit pas avoir de surprise. Les familles de victimes s'attendent à voir les mis en cause dans le box, mais pas dans la salle des pas perdus. C'est pour ça qu'il y a vraiment des créneaux très différents, des moments et des lieux très différents pour que les victimes soient totalement sécurisées et qu'il n'y ait pas de surprises" - Olivia Mons, France Victime (jointe par Mathilde Jullien)