Prise d'otages de Trèbes : "J'ai vu la barbe, les cris, le flingue, j'ai compris tout de suite"

Deux personnes ayant vécu la prise d'otage de Trèbes (Aude), à l'intérieur et à l'extérieur du Supermarché, ont accepté de témoigner au micro de Sud Radio.

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La prise d'otages survenue dans un supermarché de Trèbes (Aude) ce vendredi s'est terminée par un assaut des forces de l'ordre qui ont abattu l'assaillant. Le bilan de cette attaque, qui avait été précédée d'une fusillade au cours de laquelle des CRS avaient été visés par des tirs, fait état de 3 morts et de 5 blessés, dont 4 dans un état d'urgence absolue. Pour les témoins présents sur les lieux, l'émotion est encore palpable. Deux d'entre eux ont accepté de raconter ce qu'ils ont vécu au micro de Sud Radio.

"On a une vague idée de qui est tombé et c'est un bon copain"

Le premier, François, se trouvait à l'intérieur du magasin dans lequel il est employé, lorsque l'assaillant y est entré. "J'ai entendu des coups de feu dans le magasin, je me suis dirigé et il y avait une personne qui criait et tirait. Il y avait deux personnes à terre. J'ai évacué le personnel et quelques clients en les faisant passer par derrière. Ça va vite (...) il tirait encore donc je n'ai pas traîné", nous a-t-il d'abord raconté avant de préciser qu'il y avait "eu des cris (du terroriste), le genre de cris que l'on entend aux infos depuis des années". "J'ai vu la barbe, les cris, le flingue, j'ai compris tout de suite. On a l'habitude de voir ça à la télé maintenant, donc ce n'est plus une surprise", a-t-il ensuite déploré, presque fataliste.

André, lui, réside dans la rue qui jouxte le magasin. Encore sous le choc et craignant d'avoir perdu un ami dans le drame, il ne peut toujours pas regagner son domicile en raison de l'important dispositif de sécurité déployé sur place. "Ici, c'est un gros village qui est à peu près tranquille mais avec ce qu'il s'est passé ce matin, ça fait drôle", a-t-il d'abord confié, encore incrédule. "Dans le supermarché, ce sont des copains et des copines. Qui est tombé ? Je ne sais pas mais on a une vague idée et c'est un bon copain", a-t-il ajouté, très ému, avant de faire part de sa colère et de son inquiétude pour l'avenir : "Demain je vais faire mes courses tranquille et si un mec arrive avec un pétard dans les mains, qu'est-ce que vous faites ? Ça commence à donner à réfléchir (...) il va falloir vivre avec !", a-t-il conclu, la mort dans l'âme.

Propos recueillis par Christine Bouillot