Mosquée prise pour cible à Bayonne: deux hommes grièvement blessés

L'assaillant, ex-candidat du FN aux élections départementales, a été arrêté après l'attaque. Le pronostic vital d'une des deux victimes se trouvait engagé ce lundi soir.

Les policiers face à la mosquée de Bayonne après les tirs qui ont grièvement blessé deux fidèles. - (GAIZKA IROZ / AFP)

Il était 15h20 environ, lorsqu'un octogénaire a tenté de mettre le feu à la porte de la mosquée en jetant dessus un objet incendiaire. Surpris par deux personnes qui préparaient la salle, l'homme les a visés, les atteignant au cou et au thorax. Âgées de 74 et 78 ans, les deux fidèles opérés dans la foulée se trouvaient en réanimation ce lundi soir. Le pronostic vital de l'un des deux se trouvait engagé. Le tireur présumé âgé de 84 ans, a été interpellé à son domicile un peu plus tard, puis placé en garde à vue pour "tentative d'assassinat". L'auteur des coups de feu avait été candidat du Front national en 2015 aux élections départementales des Landes. Désormais il n'est plus dans le parti.

 

"On se demandait s'il avait tout son équilibre", raconte un adjoint dans sa commune

 

Pour ceux qui ont côtoyé l'assaillant comme Mike Bresson, adjoint au maire à Saint-Martin-de-Seignanx (joint par Cyprien Pézeril), ville dans laquelle il vit, cet homme était une personnalité atypique:

"J'ai été surpris. Malgré ses propos assez violents du point de vue politique, je ne pensais pas qu'il pouvait arriver à une telle extrémité. J'ai toujours pensé qu'il était un peu perturbé. Même s'il avait parfois des propos cohérents, il était difficile d'avoir une conversation suivie avec lui. On se demandait s'il avait tout son équilibre. Franchement, quelqu'un d’atypique dans le paysage""

 

"Dés que quelqu'un s'attaque à l'Islam ou a un lieu de culte, on nous dit que c'est un déséquilibré !"

Abdallah Zekri, le délégué général du Conseil Français du Culte Musulman (joint par Marine Vanthournout) dénonce un système deux poids deux mesures lorsqu'il s'agit d'actes anti musulmans:

"Dés que quelqu'un est arrêté, avant même que le juge d'instruction désigne un expert, on nous dit que c'est un déséquilibré ! Non, ce sont des gens qui savent ce qu'ils font et qui commettent un acte criminel qui doit être condamné !"

 

 

Pour l'imam Abdelali Mamoun, auteur du livre « L'Islam contre le radicalisme », aux éditions du Cerf, l'exécutif doit réagir, et vite:

"Le gouvernement doit agir pour arrêter toute cette campagne médiatique autour de toutes ces questions relatives à l'Islam et des musulmans. Il y a une incitation à la haine, à la fracture sociale, à la peur du Musulman, et donc forcément à des actes de représailles contre la communauté musulmane, victime de toute cette campagne médiatique."

 

"Pas d'amalgame", répond Jean Messiha du RN

Claude Sinké avait été candidat du Front national en 2015, aux élections départementales des Landes. Il avait ensuite été exclu du parti pour des "propos contraires à l’esprit et à la ligne politique du Rassemblement national" selon un communiqué du Parti. Ce que confirme Jean Messiha, membre du bureau national du Rassemblement national.

"Le Rassemblement national est un grand parti avec des dizaine de milliers d'adhérents, de militants, des millions d'électeurs. On ne va quand-même pas, sur le fait qu'il a été candidat sur une liste locale il y a cinq années, faire l'amalgame avec des millions de Français qui sont de notre sensibilité ! Ceux qui appellent à ne pas faire d'amalgame quand il s'agit d'attentats d'autres obédiences, seraient bien inspirés de respecter ce qu'ils appellent par ailleurs."