Menaces anonymes contre Charlie Hebdo : "On peut obliger Twitter à collaborer"

Twitter à Wall Street (©ANDREW BURTON - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP)
Twitter à Wall Street (©ANDREW BURTON - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP)

Alors que la rédaction de Charlie Hebdo fait de nouveau l’objet de menaces sur Twitter suite à sa Une controversée sur Tariq Ramadan, Antoine Chéron, avocat spécialisé en droit des technologies, était l’invité du journal de 18h de Sud Radio pour évoquer l’éventualité de poursuites judiciaires.

"Twitter n’est pas en-dehors de la République". Par ces mots, le Premier ministre Édouard Philippe s’est montré extrêmement clair sur sa volonté de voir les auteurs de menaces contre Charlie Hebdo poursuivis par la justice. Depuis une Une controversée sur Tariq Ramadan, la rédaction déjà décimée en janvier 2015 par un attentat terroriste reçoit de nouvelles menaces. Pour Antoine Chéron, avocat spécialisé en droit des technologies, des poursuites sont tout à fait possibles, même en cas d’anonymat supposé des auteurs de ces menaces sur Twitter.

"Twitter est capable de donner les informations pour que le procureur puisse poursuivre les auteurs de ces délits. Édouard Philippe ne s’exprime que maintenant car à mon avis une enquête doit être en cours, et Twitter a dû communiquer certaines informations sur réquisition du procureur (notamment les adresses IP des auteurs des menaces). Ces informations doivent être traités aujourd’hui par les services de la police judiciaire", estime-t-il au micro de Sud Radio. "On peut obliger Twitter à collaborer. Il y a un principe de neutralité, mais à partir du moment où Twitter a connaissance de faits illégaux, il va communiquer des informations et agir promptement pour collaborer à l’enquête menée par la police", ajoute-t-il.

"Personne n’est aujourd’hui vraiment anonyme sur Internet"

Selon Antoine Chéron, l’anonymat des auteurs de ces menaces ne sera pas vraiment un souci pour les enquêteurs. "Le système de traçabilité est suffisamment précis aujourd’hui pour arriver à retrouver les auteurs de différents actes. (…) Sans rentrer dans l’aspect technique, on peut savoir qui est derrière l’auteur d’un message, même dans des hotspots publics, que ce soit via nos ordinateurs ou nos téléphones. On sait exactement qui a envoyé le message derrière l’adresse IP, qui peut certes être parfois maquillée. Personne n’est aujourd’hui véritablement anonyme sur Internet", assure-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview d’Antoine Chéron sur Sud Radio

 

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