Scène surréaliste ce dimanche à Marseille, où une quinzaine de propriétaires a décidé de se faire justice soi-même en délogeant des squatteurs sans aucune aide de la part de forces de l’ordre pourtant… bien présentes.

Le parc Corot dans le 13ème arrondissement de Marseille a été le théâtre d’une scène peu banale ce dimanche matin, lorsque plusieurs propriétaires sont allés déloger des squatteurs établis dans trois immeubles différents. En cause, des feux de camps dans les logements, des factures d'eau qui explosent suite aux détournements des squatteurs, des soupçons de réseaux de prostitution et des menaces envers d’autres locataires.

"Nous sommes rentrés en toquant et nous sommes tous rentrés dans l’appartement pour leur demander de faire leur valise et de partir. On leur a expliqué qu’ils nous piquaient l’eau et l’électricité, qu’on ne pouvait plus payer, et ils sont tous sortis !", explique à Sud Radio le représentant des propriétaires de l'un des immeubles, Johan Mahé. L’évacuation s’est faite sans l’aide des forces de l’ordre, restées en retrait. "La police nous a dit qu’elle était là en retrait et que si les choses se passaient mal, c’est moi qu’ils embarqueraient ! C’était la cerise sur le gâteau… On essaye de défendre nos droits et d’arrêter de se faire voler, ce n’est pas aux citoyens de faire ce type de travail !", dénonce Johan Mahé.

"Ils pillent l’eau et l’électricité avec des branchements sommaires"

"Si la police ne fait pas son travail, c’est bien nous qui devons le faire à un moment donné ! Nous sommes fatigués, usés d’alerter les pouvoirs publics là-dessus, personne ne fait rien ! On se retrouve à devoir gérer un réseau qui prend les appartements les uns après les autres, tout le temps avec la même méthode : ils cassent la porte, deux jours après ils reviennent avec une nouvelle serrure, ils mettent une famille dedans, ils pillent l’eau et l’électricité avec des branchements sommaires, et ils alimentent tout l’appartement en radiateur. Ils branchent des frigos, ils rangent tout ce qu’ils veulent. Il y a déjà eu plusieurs feux. On n’arrête pas, on a déjà fait faire deux constats d’huissiers, et ça ne bouge pas", constate-t-il, impuissant.

Alors que sur les 66 appartements que compte le lieu, une vingtaine servirait à des squatteurs, souvent d’origine albanaise, Johan Mahé ne compte pas baisser les bras. "Samedi prochain on va recommencer. La particularité, c’est que nous sommes intervenus sur des appartements qui venaient d’être squattés. Par contre, dans les appartements qui restent, des Albanais sont là depuis six mois, huit mois, un an parfois ! Là, ça risque d’être beaucoup plus compliqué, parce qu’ils ne vont pas se laisser faire", déclare-t-il.

Propos recueillis par Steven Gouaillier

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