"Les propos de Kassovitz sont tout aussi blessants qu'un jet de projectiles en pleine figure"

"Les propos de Kassovitz sont tout aussi blessants qu'un jet de projectiles en pleine figure"

Loïc Travers, secrétaire général du syndicat policier Alliance, s'en est pris au réalisateur français Mathieu Kassovitz, après les récents propos de ce dernier au sujet des policiers.

Selon les représentants de la profession, le récent lynchage d'une policière à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) lors de la nuit de la Saint-Sylvestre - la fonctionnaire avait été frappée par une dizaine d'individus alors qu'elle se trouvait au sol - est un tragique fait divers symptomatique d'un sentiment anti-flics prégnant dans le pays. Les Français ont-ils un problème avec la police ? Pour le syndicat Alliance, cela ne fait aucune doute

"Il y a une haine anti-flic"

Joint par téléphone, Loïc Travers, secrétaire général du syndicat policier majoritaire, l'affirme haut et fort : il existe bel et bien "une haine anti-flics" et pas uniquement dans les quartiers dit "sensibles". Un climat délétère que l'intéressé et ses collègues déplorent tout en pointant la responsabilité de certaines personnalités dans cette ambiance hostile à l'uniforme. Et le fonctionnaire de fustiger l'attitude du réalisateur français Mathieu Kassovitz, qui, "sans connaître les tenants et aboutissants d'une intervention s'est permis de juger nos collègues". Le réalisateur de "La Haine" s'était en effet fendu d'un tweet dépourvu de la moindre ambiguïté, la veille de Noël, en qualifiant de "bâtards" des policiers se félicitant d'avoir mené à bien une opération qui avait débouché sur la saisie de... 7 grammes de cannabis. 

Le cinéaste français s'est depuis expliqué et a même dénoncé l'agression de Champigny, toujours sur twitter, décrivant des images "horribles" et exprimant par ailleurs son soutien à la policière blessée.

Un message qui laisse visiblement de marbre M. Loïc Travers qui n'oublie pas les premiers mots prononcés par l'acteur. "Il a quand même traité nos collègues de 'bâtards'. Même si ce ne sont que des paroles, elles sont tout aussi blessantes qu'un jet de projectiles pris en pleine figure", déplore-t-il ainsi. "Vous avez cette blessure psychologique et vous êtes tributaire de gens qui, en plus avec une notoriété, vous salissent en permanence. C'est particulièrement difficile pour les collègues !", conclu-t-il amer.

Propos recueillis par Winny Claret.

Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio