Le regard libre d'Élisabeth Lévy - L'affaire Mila, lynchée sur la place publique pour avoir critiqué l'islam

Mila, jeune lycéenne ouvertement lesbienne a eu le malheur de critiquer avec verve l'islam et Allah. Depuis, elle est la cible de moult critiques voire menaces et ne se déplace même plus jusqu'à son lycée. Où sont passées les associations féministes et LGBT ? Et certains progressistes ? Voire même Marlène Schiappa ?

Le regard libre d'Élisabeth Lévy

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Vous voulez parler de l’affaire Mila.

Mila est une ado de 16 ans, yeux verts et cheveux violets, élève en seconde dans la région grenobloise et lesbienne revendiquée. Depuis samedi, elle est victime d’un pilonnage numérique massif, avec des milliers de messages relayés des milliers de fois, allant de l’insulte à l’appel au meurtre avec, en prime, la diffusion de son adresse et de nombreuses informations personnelles. Son crime : elle a tenu des propos virulents sur l’islam.

Dans quel contexte ?

Samedi, au cours d’un live Instagram, un internaute la drague. Elle l’éconduit, il rameute ses copains, et les injures fusent: « sale pute », « sale gouine », « sale française », « chiennasse ». Elle dit sa détestation des religions. C’est là que les attaques redoublent. “Pétasse, tu vas brûler en enfer”. Naturellement, cela ne la calme pas. Elle déclare dans une vidéo suivante :"votre religion, c'est de la merde, le Coran il n'y a que de la haine là-dedans. Votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul ».

Ce n’est pas de la critique, mais de l’insulte.

Sans doute, mais pas contre les personnes, contre les croyances. Au pays des bouffeurs de curés, Macron a promis que la liberté de blasphémer serait préservée. Et le blasphème peut heurter les croyants, ils peuvent protester, des cathos l’ont fait après la chanson « Jésus est pédé ». Là, il ne s’agit pas de protestation mais d’appels à punir la blasphématrice relayés des milliers de fois. « Ne viens pas au lycée, tu ne survivras pas une semaine », Elle n’y est pas retournée. Sur Twitter, la bataille fait rage entre les hashtags #JeSuisMila et #JeNeSuisPasMila.

Ces phénomènes de foule sont inhérents aux réseaux sociaux.

Oui. Et c’est l’occasion de mettre en garde les ados qui y racontent tout ce qui leur passe par la tête. Twitter n’est pas un bistrot, c’est la jungle. Tout ce que vous y direz sera retenu contre vous pour toujours. Faire le buzz c’est se mettre en danger.

Cette affaire est doublement révélatrice.

Tout d’abord de l’état d’esprit d’une partie de la jeunesse musulmane. Attention, beaucoup condamnent à la fois le lynchage et les propos. Mais réflexe identitaire très puissant, va souvent avec haine ouverte de la France. Plus le sentiment victimaire qui fait que toute offense peut entraîner montée aux extrêmes.

Mais révélatrice aussi de la naïveté criminelle de certains progressistes qui ne voient le mal que chez le mâle blanc. Si le magazine Têtu défend Mila, beaucoup de militants LGBT se joignent à la curée et les assos féministes sont aux champignons. Et on attend toujours une réaction de Marlène Schiappa, habituellement prompt à défendre la veuve et l’orphelin.