La colère monte après la mort de Romain, tué par un policier à Paris

Police
PHILIPPE HUGUEN / AFP

L'émotion reste très vive deux jours après la mort de Romain, tué par un policier au coeur de la capitale. Le fonctionnaire qui a tiré a, lui, été mis en examen et est placé sous contrôle judiciaire. 

Deux jours après la mort de Romain, la colère et l’incompréhension ne cessent de monter chez ses proches. Le jeune homme de 26 ans est décédé mardi, tué par un policier, après avoir refusé de se soumettre à un contrôle routier. Suite à ce refus, une course-poursuite s’était engagée entre les deux hommes. Romain s’est alors retrouvé bloqué rue Condorcet, dans le IXe arrondissement de Paris, et aurait décidé de faire marche arrière. Dans l’action, il aurait percuté le deux-roues sur lequel se trouvait le policier. Ce dernier aurait donc ouvert le feu, touchant Romain au thorax, qui décédera sur place quelques minutes plus tard.

À Draveil, dans la cité des Bergeries en Essonne, là ou le jeune homme a grandi, l’émotion est toujours très vive. Beaucoup ne comprennent pas qu’une telle chose puisse arriver : "On se croirait aux États-Unis ! On ne tire pas sur les gens comme ça, c’est n’importe quoi" témoigne un jeune du quartier. Même son de cloche chez Omar, un ami d’enfance de Romain qui refuse que la mort de celui qu’il connaît et côtoie depuis une vingtaine d’années, soit impunie : "C’est grave ce qui s’est passé. Il faut que justice soit rendue".

Pour l’instant, le quartier est très calme en dépit de la colère qui gronde, mais les policiers veillent au grain : ils craignent des débordements.

Le policier de 23 ans qui a tiré sur Romain est de son côté placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer sa fonction de gardien de la paix. Il a également été mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique". Cette qualification des faits étant un crime, cela relèvera de la cour d’assises.

Propos recueillis par Clément Bargain. 

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Michel Ange
- Vendredi 17 août 2018 à 15:52
Pauvre police, impossible d'effectuer leur tache. Alors moi je pose une question à notre ministre de l'intérieur.
Monsieur le ministre faites une note ou directive indiquant aux policiers placés sous votre autorité d'arrêter les courses poursuites, afin d'éviter ce genre d'attitude. Prenez vos responsabilités.
Placer ce policier sous contrôle judiciaire me parait excessif, les chances de représentations sont à 100 %. Il a dû tomber peut être sur un magistrat du syndicat de la magistrature, pas de chance.
Heureusementqu…
- Vendredi 17 août 2018 à 16:58
Pourquoi ne pas s'arrêter pour un contrôle alors que c'est la loi?Et en plus reculer sur le deux roues d'une personne au risque de la tuer? Le jeune aurait dū obtemperer donc c'est devenu un danger pour autrui...dommage qu'il soit décédé évidement et paix à lui mais il a ses torts aussi dans ce triste événement,et on ne DOIT pas accabler le policier car il a fait usage de son arme pour neutraliser ce délinquant...bref,attendons l'enquête qui dira si oui ou non le policier aurait pu éviter de viser aussi "juste"
Loïc
- Dimanche 19 août 2018 à 12:47
Refus d’obtemperer, mise en danger de la vie d’autrui. C’est dommage mais il valait mieux que ce soit lui plutôt qu quelqu’un qui n’ait rien demandé et qui se fasse écraser par un chauffard récidiviste en plus. Son père peut avoir la haine, je le comprends mais il est aussi responsable, il n’avait qu’a Expliquer à son fils que l’on s’arrete à un contrôle, il serait toujours en vie.
Anonyme
- Dimanche 19 août 2018 à 20:47
Pas d’empathie pour les délinquants !! La loi c’est la loi .. Il faut obtempérer lorsque l’on se fait arrêter pour un contrôle routier . Ses parents auraient dû lui expliquer !! Heureusement que les policiers sont là .. Courage à Kevin
Mozzi
- Lundi 20 août 2018 à 19:06
Et bien la note concernant les courses poursuites doit déjà exister quelque part....
C est generalement l ordre qui est donné lors de ce genre de circonstances.
Donc; le policier n entend pas sa radio qui lui dit d arreter TOUT le long de la poursuite; il se trouve descend, se trouve à côté de la voiture mais n a pas vu descendre le conducteur du scooter devant lui parti se mettre a l abri- ou il craignait pour la vie du scooter-??.
Bref; en effet Romain devait s arreter. Maintenant les policiers ont d autres procedures aussi pour pallier a ce genre de situations.
Meme si c etait donc un delit de fuite en recidive en plus ça ne faisait pas de lui un nouveau mesrine et si il y a eu du monde " en danger" c est uniquement dû à la poursuite lancée par le policier ; poursuite non autorisee par ses superieurs.
Et ça ne meritait pas une balle et d avoir les menottes aux poignets pendant qu il agonisait.
Parce que je crois que des delits a un moment donne sur la route tout le monde en comment en commencant par la vitesse.

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