Jeune tué à Nantes : le policier dit désormais avoir tiré "par accident" 

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Le policier ayant abattu un jeune mardi soir, lors d'un contrôle de police à Nantes (Loire-Atlantique), est revenu sur ses premières déclarations et affirme désormais avoir tiré "par accident".

Le CRS qui a tiré sur Aboubakar F. mardi soir lors d'un contrôle de police à Nantes, provoquant sa mort, a affirmé aux enquêteurs avoir tiré "par accident", contredisant ainsi la première version des policiers qui évoquaient la légitime défense.

"Il a reconnu avoir fait une déclaration qui n'était pas conforme à la vérité" lors de sa première audition, a déclaré vendredi à l'AFP son avocat Laurent-Franck Lienard. Le policier est en garde à vue depuis jeudi midi pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Selon une source proche du dossier, les cinq collègues du policier auteur du coup de feu, entendus le soir des faits, ont affirmé que le conducteur avait fait une marche arrière à "très vive allure", au point de risquer de renverser deux des quatre enfants qui jouaient sur la chaussée derrière la voiture. Toujours selon eux, l'un des policiers a juste eu le temps de pousser l'un des enfants, de prendre l'autre dans ses bras et de se mettre à l'abri devant le fourgon de CRS.

Une version contredite par des habitants du quartier interrogés par l'AFP, et non confirmée par ailleurs par le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès, mercredi, lors de sa conférence de presse mercredi. 

Cette fois le policier "a déclaré que c'était un tir accidentel" aux enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a expliqué son avocat. "Nous sommes en attente de son défèrement. Normalement il doit être déféré dans l'après-midi", a précisé l'avocat. 

Le jeune homme de 22 ans, sous le coup d'un mandat d'arrêt pour "vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs", a été touché par le tir du policier mardi vers 20H30 alors qu'il effectuait une marche arrière pour fuir un contrôle de police. Il a été touché au cou et est décédé à l'hôpital deux heures plus tard.

Son décès a provoqué dans la nuit de mardi et mercredi et à nouveau dans les nuits suivantes des violences urbaines dans les quartiers "sensibles" de Nantes. Quatre personnes ont été placées en garde à vue dans la nuit de jeudi à vendredi, dont un mineur de 14 ans en possession d'un bidon d'essence et de mèches, a-t-on appris de sources policières. Aucun blessé n'est à déplorer et le calme est revenu vers 06H00, selon ces mêmes sources.

Huit bâtiments ont été dégradés et 52 véhicules incendiés principalement à la Bottière, dans le nord-est de Nantes, à Bellevue et dans les quartiers nord, dont la voiture personnelle de la maire (PS) Johanna Rolland, ont indiqué des sources policières et municipale. La maire n'a pas souhaité faire de commentaire.

Un PMU-brasserie a été brûlé dans un centre commercial du quartier Doulon, a indiqué une source policière. Plusieurs départs d'incendie ont touché des bâtiments publics, dont un lycée professionnel, une école, une maison de l'emploi et une maison des habitants, a-t-on ajouté de même source. La façade du lycée est partiellement noircie, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Via AFP

Comme la veille, un cocktail Molotov a été lancé contre un fourgon de police dans la cour d'un commissariat de la banlieue de Nantes, selon la police.  

Aucun incident n'a en revanche été signalé dans le quartier du Breil, théâtre du contrôle de police qui a dégénéré mardi soir, et où les proches de la victime, Aboubakar F., avaient appelé au calme. 

Des incidents ont également éclaté à Garges-lès-Gonesse (Val d'Oise), d'où était originaire la victime. Aucun blessé n'est à déplorer mais un véhicule de police a été pris pour cible et des poubelles ont été brûlées.

A Nantes, la soirée de jeudi avait débuté par une marche blanche dans le calme d'un millier de personnes au Breil pour réclamer "vérité" et "justice pour Abou".

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