"Je trouve qu’on n'est en sécurité nulle part"

Dans l'Essonne, deux adolescents sont morts après des rixes entre bandes. Les habitants s'inquiètent de l'insécurité grandissante. Reportage de Clément Bargain.

Dans l’Essonne, deux adolescents, une jeune fille et un jeune garçon, sont décédés en deux jours, du fait de rixes entre bandes rivales. (Photo by Stéphane de Sakutin / AFP)

Dans le département de l’Essonne, deux adolescents sont décédés à la suite de rixes en deux jours. Un jeune garçon de 13 ans et une jeune fille de 14 ans, les deux d’un coup de couteau. Cette dernière habitait à Saint-Chéron, petite commune de 5.000 habitants sous le choc. Reportage de Clément Bargain.

"Maintenant, c’est des règlements de comptes"

C’est dans cette même commune que vit Christelle depuis plus de 30 ans. Elle a du mal à réaliser ce qui se passe en ce moment dans le département. "À l’époque, c’était pas comme ça", se souvient-elle. "C’étaient des bagarres, mais bon, on s’en sortait bien quoi."
"Maintenant, c’est des règlements de comptes entre cités, entre gamins qui se disent des choses. Et puis, ça en arrive aux armes. Ça fait peur."

 

"Je trouve qu’on n'est en sécurité nulle part"

Les affrontements entre adolescents arrivent souvent, et les habitants ne se sentent plus en sécurité. "Moi, en tant que jeune, oui, je trouve ça super compliqué", confie Laure, 20 ans, éducatrice spécialisée à Saint-Chéron. "Je trouve qu’on n'est en sécurité nulle part."

"Se trimballer avec un couteau, à cet âge-là, je ne trouve pas ça normal."

 

"Moi, je remettrais le service militaire, ça ne leur ferait pas de mal"

L’insécurité grandissante, c’est le quotidien des habitants du quartier. Kelly, mère de famille, s’en inquiète de plus en plus : "c’est pas assez surveillé". "Ils nous ont promis des caméras, il nous ont promis des nouvelles barrières pour les rodéos la nuit, parce qu’on a beaucoup de rodéos aussi", explique-t-elle. "Mais ça n’a pas été fait."

Nathalie, également mère de famille, a le même sentiment : "il y a trop de laisser-aller, je pense". "Après, pour les parents, moi je coupe les allocations familiales, tout simplement." "Peut-être qu’ils seraient plus autoritaires avec leurs gamins", explique-t-elle. "Moi, je remettrais le service militaire, ça ne leur ferait pas de mal."

 

Les habitants qui attendent maintenant des mesures concrètes pour lutter contre l’insécurité.

 

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