Reportage Sud Radio. À Hyères (Var), la municipalité a décidé de prendre le problème des déjections canines à bras-le-corps. En tapant dans le portefeuilles des propriétaires.

"Quand on est sur un trottoir, c’est pour regarder les magasins, regarder la ville, pas pour éviter de marcher dans les merdes de chiens !". Au micro de Sud Radio, cet habitant de Hyères résume succinctement la situation dans la cité balnéaire du Var, soumise comme bien d’autres villes en France au problème des crottes de chien sur la voie publique. Face à ce problème, la mairie a décidé de prendre le taureau par les cornes en maintenant l’amende réglementaire de 68 euros mais en y rajoutant un supplément de 100 euros pour compenser le coût du travail effectué par les agents des services de propreté.

Pour Gisèle, veiller à la propreté de son petit chihuahua est pourtant un réflexe. "J’ai toujours le petit sac dans ma poche, et dès qu’elle fait, je ramasse ! C’est normal. Ça m’est arrivé de marcher dedans, il y en a partout...", déclare-t-elle. Une autre habitante, elle, trouve la sanction légèrement disproportionnée. "Ça ne vaut pas 168 euros, il ne faut pas exagérer ! Déjà qu’avoir un animal coûte très cher, avec l’entretien et tout… Après, j’estime que tout le monde doit ramasser sa crotte", indique-t-elle.

"Ils n’accepteraient pas que leurs chiens se laissent aller chez eux ou dans leur jardin"

Le maire de la ville Jean-Pierre Girand justifie cette mesure par une situation qui s’enlisait selon lui. "On constate nous-mêmes que sur les trottoirs, sur les chaussées, on est souvent envahis par les déjections canines. Malgré les efforts des services de propreté, dont on double parfois les effectifs, on a toujours le même problème. Il faut donc peut-être à un moment donné demander aux personnes qui ont des chiens d’assumer leurs responsabilités citoyennes. Il fallait un geste symbolique pour faire comprendre qu’au-delà de l’amende, il y a aussi un travail qui est demandé à nos services pour ramasser la "merde" des autres ! Ces personnes-là n’accepteraient pas que leurs chiens se laissent aller comme ils veulent dans leur appartement ou leur jardin. Et ils voudraient qu’il n’y ait pas de sanctions quand c’est sur le domaine public ? On leur demande simplement de contribuer aux réparations", déclare-t-il.

Reste que le dispositif est avant tout dissuasif puisque les autorités ne pourront appliquer cette sanction qu’en cas de flagrant délit, ce qui leur arrive environ une trentaine de fois par an.

Un reportage de Lionel Maillet

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