Dégâts dans les universités : "Une facture qui est là pour faire peur" selon l'Unef

Alors que le mois de printemps a été particulièrement agité dans plusieurs universités françaises, la facture révélée par le ministère de l’enseignement supérieur est plutôt salée. Mais elle ne fait pas l’unanimité...

Thumbnail

Après les importants dégâts liés aux blocages de plusieurs universités ces dernières semaines par des étudiants opposés entre autres au système Parcoursup de sélection à l’entrée de l’université, l’heure est désormais venue de passer à la caisse ! Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, cette facture s’élève à cinq millions d’euros. Un montant qui ne surprend pas Patrick Lévy, président de l’université Grenoble Alpes, l’une des plus dégradées (1,6 million d’euros de dommages estimés).

"Les murs, les sols, le mobilier, le vol de matériel informatique et de matériel de projection… Tout a été dégradé, y compris la toiture végétalisée qui est à refaire. Il n’y a pratiquement pas un cm² qui ne soit pas à remettre en état d’une manière ou d’une autre", confie-t-il à Sud Radio, alors que les 2800m² du centre de langues vivantes ont quasiment tous été saccagés. Dans son malheur, Patrick Lévy se satisfait malgré tout de l’annonce faite par la ministre Frédérique Vidal de la prise en charge de cette facture par l’État. "Je me réjouis effectivement qu’on ne soit pas doublement pénalisés pour la rentrée 2018-2019 à venir. C’est une façon de faire en sorte que nous ne soyons pas limités dans notre capacité d’action, et c’est bien", déclare-t-il.

Mais pour Abdoulaye Diarra, vice-président du syndicat étudiant l’Unef, cette facture est clairement gonflée. "On se retrouve avec une facture qui est là pour faire peur, pour donner l’impression que les jeunes n’ont finalement fait qu’une chose ce semestre : casser leurs universités. Les établissement principalement mobilisés sont ceux qui étaient déjà les plus dégradés de l’établissement supérieur !", souligne-t-il.

Un reportage de Clément Bargain