Coup de filet à Marseille, où la moitié des cigarettes sont vendues au marché noir

55.000 paquets de cigarettes saisis à Marseille, soit 450.000 euros de marchandise venue des pays de l’Est, découverts par les douaniers dans un box du 14e arrondissement. La prise remonte au 23 mai, mais l’information vient tout juste d’être communiquée, à quelques jours de la journée mondiale sans tabac. Si le prix des cigarettes, qui ne cesse d’augmenter, pousse de plus en plus de personnes a arrêter de fumer (1,6 million depuis 2016); Il encourage aussi la contrebande et le marché au noir. C’est notamment le cas à Marseille, où les vendeurs à la sauvette ne se cachent même pas.

 

Reportage Sud Radio de Lionel Maillet 

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En plein centre-ville, dans les rues de Noailles, les vendeurs à la sauvette ne font pas dans la discrétion. Paquet de cigarettes bien en évidence dans les mains. "On démonte une équipe, et dix minutes après le réseau est immédiatement récupéré, déplore Rudy Manna, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance. C'est l'appât du gain, ça permet à des clandestins de gagner de l'argent facile en liquide, ça rapporte aussi de l'argent aux têtes de réseau, ça fait vivre des familles, ça va intéresser aussi beaucoup de consommateurs."

"L'absence de crainte des sanctions fait que plus personne n'a peur de rentrer dans ces réseaux" - Rudy Manna, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance

 

 

Les douanes n'ont plus les moyens

En moyenne, sur le marché au noir, le paquet acheté moins de deux euros se vend plus du double, et il arrive la plupart du  temps   par bateau. Abdelkader Dahamni de la CGT des Douanes au port de Marseille: "Quand les prix augmentent, la contrebande augmente. Essentiellement d'Algérie et de Tunisie, dans les ferrys, sur les passagers. Mais aussi les marins...  Jadis, on était 24h/24 sur le port de Marseille. Aujourd'hui, on travaille essentiellement la journée, et on n'est plus là la nuit, faute d'effectifs et faute de moyens."

"Insecte séché, bouse de vache, plastique, sciure et tabac"

À la contrebande, s’ajoutent les cigarettes de contrefaçon dont les saisies ont augmenté de 15% en 2018.  En tout, c’est un quart de chiffre d’affaire en moins pour ce buraliste: "Le gouvernement, qu'il prenne ses responsabilités en empêchant la vente sauvage de produits dégueulasses. Des fausses Marlboro, avec des insectes séchés, de la bouse de vache, un peu de plastique, un peu de tabac et de sciure". À Marseille, 55 %, plus de la moitié des ventes de cigarettes sont illégales.