Une quarantaine de parents ont été condamnés par la justice pour dénonciation calomnieuse à l’encontre d’un professeur d’EPS de Biscarrosse. L’État demande aujourd’hui réparation pour ce dernier.

C’est une affaire qui sortait assurément de l’ordinaire dans la ville de Biscarosse (Landes). En 2013, un collectif de 37 parents d’élèves s’était formé contre M. Claude Monferran, professeur d’EPS, soupçonné de maltraitance et de violence envers des élèves. Campagne médiatique, lettre de dénonciation envoyée jusqu’au ministre de l’Éducation nationale… Le quotidien de ce professeur devient vite invivable. Problème, induits en erreur par d’autres enseignants, les accusations des parents d’élèves se sont révélées fausses.

Alors que les 37 parents ont été poursuivis et désormais condamnés pour dénonciation calomnieuse, l’État leur réclame... 397 000 euros. Pour l’avocate du professeure, Me Laure Darzacq, le traumatisme est toujours bien présent. "Quand vous arrivez le matin au collège, que certains médias sont présents et donnent la parole à des enfants qui vous accusent de les avoir violenté, maltraité, frappé, quand les réseaux sociaux disent que vous êtes un pédophile… Comment voulez-vous vivre les choses sereinement ? C’est pour ça qu’il a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse, mais le mal était fait", déclare-t-elle à Sud Radio.

"Ce qui est triste, c’est que c’est un enseignant qui a toujours fait avec beaucoup de passion son métier, sans la moindre difficulté. Il a fini d’une façon triste puisqu’il était en arrêt-maladie au moment où il a fait jouer ses droits à la retraite. Quand il a su que les parents d’élèves étaient condamnés, il pensait que cela mettait un terme à son calvaire, que la justice était passée, qu’il était réhabilité, et il s’est mis à pleurer. C’était une émotion forte", ajoute-t-elle.

Propos recueillis par Capucine Bouillot

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