À 19 ans, il est amputé de sa main à cause du dysfonctionnement des urgences

Dans le Gers, un jeune ébéniste de 19 ans a mis 4h avant d'être transféré au CHU de Toulouse pour être pris en charge. Une attente beaucoup trop longue pour bénéficier d'une greffe. Il a donc été amputé de sa main gauche.

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Une histoire qui illustre les difficultés des soins d'urgence en milieu rural. À Condom, dans le Gers, Antonin Bridard, ébéniste de 19 ans, a eu la main sectionnée par une scie lors d'un accident survenu le 26 mars dernier. 

Il a mis près de 4h pour être évacué au CHU de Toulouse. Une attente trop longue pour espérer sauver sa main avec une greffe.

Aujourd'hui, ses journées d’Antonin Bridard sont rythmées par les soins, la visite des copains, le soutien de ses parents, mais rien n’y fait. Le moral n’y est pas chez le jeune homme de 19 ans. Toujours à se repasser le film de cette matinée du 26 mars dernier : "Ça aurait dû aller beaucoup plus vite, bien sûr. 4 heures pour aller de Condom à Toulouse, c’est 4 fois plus que ce qu’il faut. Je prends moins de la moitié de ce temps-là par mes propres moyens. Un hélicoptère ou simplement une ambulance devrait aller beaucoup plus vite que ça."

Antonin a dû attendre près de 4h avant d’être transféré aux urgences à Toulouse. Il existe bien un service d’urgences à Condom, là où il travaillait, mais depuis la réforme imposée par l’ARS d’Occitanie, à l’heure de l’accident, ce service ne pouvait pas intervenir. L’évacuation avec les pompiers du Gers mettra donc près de 4 heures, 4 heures qui ont définitivement condamné sa main gauche.

Il dit ressentir "de la colère et du dégoût. Je n’arrive pas à comprendre que ce soit possible à notre époque, dans ce pays, que quelqu’un qui vive à la campagne, malgré qu’il ne soit pas dans le désert, avec un hôpital pas loin, des moyens qui jusqu’alors étaient mis à notre disposition, ce ne soit aujourd’hui plus le cas. Maintenant, on habite en ville ou on est en danger."

Antonin Bridard a décidé de porter plainte contre X. L’ARS d’Occitanie a elle aussi décidé de diligenter une enquête interne.

Témoignage recueilli par Christine Bouillot pour Sud Radio