Quand la patronne du FMI annonce une tempête à venir

Christine Lagarde, la patronne du FMI parle peu, mais quand elle parle, ça marque les esprits. La voilà qui évoque une tempête économique mondiale. Que faut-il en penser ?

D’abord ce n’est pas la première fois que Christine Lagarde évoque un risque de tempête économique mondiale. Elle l’a fait en septembre dernier, à l’occasion du dixième anniversaire de l’affaire Lehmann et à nouveau en décembre dernier. Jusqu’à présent lorsqu’elle évoquait ce risque, on la considérait comme la Gardienne du Temple qui essayait de calmer les ardeurs des financiers. Cette fois-ci, elle va beaucoup plus loin, puisqu’elle détaille les quatre nuages que le FMI voit grossir au-dessus de la planète économique. Mais sa préoccupation principale, c’est que depuis quelques mois, la croissance mondiale est beaucoup plus lente que tout ce qui était prévu. Et c’est ce qui fait que le FMI a récemment révisé à la baisse de 0,2 % à 3,5 % sa prévision de croissance mondiale pour 2019. 

Les quatre nuages, c’est l’expression même de Christine Lagarde, d’où également le terme de tempête utilisé à dessein. Il s’agit des tensions commerciales, notamment entre la Chine et les Etats-Unis, des hausses de taux d'emprunt, des incertitudes liées au Brexit et d'un ralentissement de l'économie chinoise. Mais, à l’écouter, il y a un nuage plus important, c’est celui des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis qui ont commencé à affecter l'économie mondiale. S’agissant de la hausse des taux, elle regrette que ça intervienne au moment où les Etats, et les ménages ont accumulé de très lourdes dettes. Et donc sa conclusion, c’est que : "Quand il y a trop de nuages, il faut un éclair pour déclencher la tempête", qui a appelé les gouvernements à s'y préparer et à éviter le protectionnisme.

Pour elle, c’est clair il n’y a pas un risque de krach financier, mais un risque de tempête économique dû aux guerres commerciales qui apparaissent ici ou là. Et il n’y a pas qu’entre les USA et la Chine. C’est un message fort pour les élites. Mais un message inaudible pour les populations qui au contraire veulent voir reconstruire des frontières commerciales solides.