« Nissan et Ghosn, c’est bien fini ! »

Alors Yves, les actionnaires de Nissan se sont réunis hier en assemblée générale. Pour solder une fois pour toutes l’ère Ghosn.

Oui Patrick, vous savez une assemblée générale d’actionnaires, c’est comme une pièce de théâtre.Il y a unité de lieu, unité de temps, puisque ça ne dure que quelques heures, et unité d’action, car on y vote les grandes décisions du groupe. L’assemblée générale de Nissan avait tout pour être houleuse cette année à la suite de l’affaire Ghosn. Mais aussi parce que les relations se son tendues entre Nissan et son premier actionnaire à 43 %, Renault, au sujet du projet de fusion Fiat. Nissan, dont les comptes ne sont pas bons actuellement, a profité du scandale Ghosn pour cacher ses propres turpitudes. Et ses dirigeants voulaient faire voter hier une nouvelle charte de gouvernance où Renault n’aurait quasiment pas eu son mot à dire.

Si bien que Jean-Dominique Senard, a menacé de ne pas voter cette charte, obligeant Nissan à faire amende honorable. A tel point que le président de Renault est devenu hier vice- président de Nissan. Et Thierry Bolloré, le DG, participera aux réunions importantes.

Mais ce n’est toujours pas l’amour fou entre les deux groupes ?

Non D’abord Nissan n’a toujours pas digéré l’affaire Ghosn et le projet français de fusion totale entre Renault et Nissan
Ensuite ils ont été plus que contrariés par le projet de fusion avec Fiat-Chrysler, au point de s’abstenir lors d’un conseil décisif. C’est ce qui a amené Bruno Le Maire à venir tenter une entreprise de pacification avec les pouvoirs publics japonais. Et si Emmanuel Macron arrive aujourd’hui avec deux jours d’avance sur le G 20, c’est pour reparler de ce dossier avec le premier ministre, M. Abe. Car le climat de méfiance qui s’est installé à l’égard de Renault, vise également l’état français qui est le premier actionnaire de Renault. Malgré tout, il faudra bien que chacun mette de l’eau dans son vin. Pour que l’alliance Renault-Nissan fonctionne à nouveau. Car c’est seulement à cette condition que Fiat-Chrysler pourra éventuellement revenir à la table des négociations. Avec comme enjeu la création du numéro un mondial de l’automobile. Ce qui mérite tout de même mieux que quelques bouderies.