Les urgences poursuivent leur mouvement de grève

Alors Yves aujourd’hui, une journée d’action est prévue dans les hopitaux afin de sensibiliser les pouvoirs publics au problème des urgences ?

Méfiez-vous si vous devez vous rendre à l’hôpital aujourd’hui, l’accueil risque d’être un peu perturbé De même on s’attend à d’importantes manifestations à Paris devant le ministère de la Santé et en région. Dans ces défilés on verra principalement les personnels des urgences, en grève depuis trois mois maintenant.

Tous réclament davantage de moyens. Aux urgences, les infirmiers, les aide-soignants et les brancardiers se déclarent épuisés et débordés. Hier, 90 services s'affichaient en arrêt de travail. Les urgentistes craquent. Après 12 heures de permanence, on leur demande de rester. Et malgré cela les files d’attente s’allongent. Ce qui crée de l’énervement chez les malades et de mauvaises conditions de travail pour les urgentistes

Mais est-ce vraiment qu’un problème de moyens financiers ? Non et c’est bien cela le problème. Les urgences sont devenues le réceptacle de tous ceux qui ne veulent plus aller voir un médecin. Soit parce qu’il faut prendre rendez-vous. Soit parce qu’il faut sortir sa carte bleue. Soit parce qu’il préfère l’anonymat d’un hôpital. C’est pour ça que le problème des urgences ne date pas d’hier, mais il s’amplifie depuis des mois. Jusqu’au moment où il n’y a plus de lits…

A cela s’ajoutent, c’est vrai des questions catégorielles, de rémunération, de conditions de travail, de sous effectifs et de moyens insuffisants. Alors Agnès Buzyn, la ministre a voulu désamorcer ce mouvement en promettant de l’argent, des primes et une mission ad hoc. Mais le problème n’est pas là : il est de faire en sorte que les urgences soient réservées aux urgences et pas à ceux qui ont un rhume.

C’est un vrai sujet de société. Il faut désengorger les urgences et c'est à chaque patient de se poser la question : « dois-je vraiment y aller ? » Et puis il faut rebâtir une chaine de soins qui permettent à chacun de se faire soigner par des médecins de permanence, les week-ends ou le soir.

Maintenant que la Ministre de la Santé n’est plus audible sur ce sujet ? la réponse doit venir d’Edouard Philippe, notamment demain à l’Assemblée.

Car cette question des urgences pose en fait le rapport de tous les français à leur système de soins. Il est donc à la base de notre contrat social.