Le rapprochement avec l’Iran, vrai casse-tête diplomatique pour la France

Les deux très grands rivaux du Moyen-Orient, l’Iran et l’Arabie Saoudite, sont au cœur de sérieuses réflexions diplomatiques au sommet de l’État français.

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Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, va-t-il se rendre à Téhéran les 4 et 5 mars prochains comme prévu ? Ce n’est pas encore certain, la visite ayant déjà été reportée deux fois. Pourquoi donc ? À cause des relations entamées avec l’Arabie Saoudite, ennemi juré de l’Iran. Les Iraniens s’impatientent : ils souhaitent qu’Emmanuel Macron se rende en Iran et fasse pression sur Trump pour ouvrir le marché iranien aux entreprises françaises. Un accord est prévu avec Total dont la clé se trouve à... Washington.

Autre motif de tension : Téhéran souhaite que la France assouplisse les réglementations pour les étudiants iraniens. Ils n’ont à ce jour pas le droit d’ouvrir un compte en banque en France ! Autant de sujets, à part l’accord nucléaire, qui nécessitent de préparer avec soin une visite présidentielle à hauts risques.

Et l’Arabie Saoudite dans tout ça, comment réagit-elle ? Mohamed Ben Salmane (MBS) est furieux des gestes de la France envers l’Iran et a annulé sa visite prévue fin février-début mars à Paris. Il faut dire que les relations entre Macron et le nouveau maître de Ryad sont fraîches depuis le moment où le président français s’est pratiquement invité chez MBS pour défendre le premier ministre libanais Saad Hariri retenu en Arabie Saoudite, soupçonné d’être proche des Iraniens. MBS critique par ailleurs la tradition diplomatique française de l’équilibre : ou vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi, exige-t-il. En clair, il dit à Macron que le «et en même temps», ce n’est pas pour lui…

Alors, Iran ou Arabie Saoudite ? Ces jours-ci, la feuille de route de la diplomatie française a des allures de mission impossible !

Réécoutez en podcast l’édito de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio