Le produit d’épargne patriotique

Bruno Le Maire a demandé à BPI France de construire un produit d’épargne patriotique pour tous les Français. De quoi s’agit-il ?

Oui, le Ministre de l’Économie a missionné Nicolas Dufourcq, le patron de BPI France, un produit qui soit estampillé patriotique.

Il part du constat que le Livret A qui bat des records de collecte, est un produit perdant pour les épargnants et même l’assurance-vie.

Bref, il y a ce paradoxe français où nous avons un taux d’épargne record et pendant ce temps-là des entreprises qui se font racheter par les Chinois.

L’idée est donc tout à fait légitime, mais toute la subtilité est de savoir quel type de produit mettre en place. S’agira-t-il d’un livret comme il en existe pour le développement durable ou bien de Sicav réservées à des actions d’entreprises stratégiques ?

Et quels seront les avantages fiscaux qui seront réservés à un tel nouveau produit ? Car les épargnants français aiment bien les économies d’impôt.

Bref, l’idée est bonne. Mais Nicolas Dufourcq va avoir du travail afin de trouver le produit qui convienne à la fois au fisc, à la concurrence et aux Français.

 

Cela montre tout de même une préoccupation nouvelle de la part de nos dirigeants ?

 

Oui. Ils ont compris que le patriotisme économique est finalement plus une question d’épargnants que de ministres.

Ce n’est pas par des décrets que l’on empêchera les Chinois d’acheter telle ou telle entreprise stratégique, mais en y associant directement les Français.

Et Angela Merkel avait bien l’air ridicule mardi à côté d’Emmanuel Macron face au président chinois alors que le lendemain on apprenais qu’un constructeur chinois venait d’acheter 50 % de Smart.

Toute la question, sera de définir ce qui est patriotique et ce qui ne l’est pas en termes d’économie et de placement.

Par exemple, actuellement, les deux tiers de la dette française sont détenus par des mains étrangères dont nous dépendons complètement.

Ce serait peut-être bien que l’on trouve aussi la possibilité que les Français soient les créanciers de la France, plutôt que les Chinois ou des fonds spéculatifs. Mais là, c’est encore plus compliqué.