Le Parlement européen envisage de mettre fin au changement d'heure

On n'en est pas encore là, mais le temps du changement d'heure pourrait être compté. Son bénéfice économique est de plus en plus sujet à caution.

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C’est peut-être une petite révolution qui se prépare. Le Parlement européen a voté jeudi une résolution visant à abroger le changement d’heure.

Ne vous attendez pas, cependant, à ce que le prochain changement d’heure, qui doit avoir lieu le dimanche 25 mars, ne soit annulé. Pour l’instant, il ne s’agit qu’un vœu pieu. Les députés européens n’ont en effet pas le pouvoir de modifier ou d’abroger la directive européenne qui l’a instauré en Europe. 

Mais c’est une étape majeure, tout de même, qui a été franchie. Désormais, la Commission européenne est investie d’un mandat clair et elle va pouvoir aller négocier avec les États membres, afin, un jour peut-être, de mettre fin au changement d’heure.

Pourquoi ? Tout simplement parce que, outre l’impact sur nos vies, l’horloge chronobiologique, le rythme scolaire, celui de ceux qui travaille, le bénéfice économique du changement d’heure est de plus en plus sujet à caution. Rappelons ici que si nous changeons d’heure depuis 1976 en France, c’est en effet parce que cela permettait de limiter le recours a l’éclairage, tant public qu’à domicile, en calant le plus possible nos journées sur le coucher et le lever du soleil.

Mais aujourd’hui, on estime que les économies réalisées sont minimes. Elles représenteraient à peine de quoi éclairer une ville française de 500 000 habitants pendant un an, soit une ville comme Toulouse.

A priori, si on arrête le changement d'heure, c'est l'heure d'hiver que nous utiliserons. Et qui n’a qu’une heure de décalage avec l’heure du soleil, celle du méridien de référence, le méridien de Greenwich, qui est a peu de choses près celui de Paris.

Conséquence, en été, le soleil ne se lèverait plus à 5 heures du matin mais plus raisonnablement vers 6h. Et pour les longues soirées d’été, le crépuscule ne s’éterniserait pas jusqu’ 22h30 en juillet, mais une heure plus tôt. Ce sera plus pratique aussi pour les feux d’artifice, tant en juillet qu’en août.

Si l’abandon du changement d’heure est acté prochainement, est-ce que cela se fera bientôt ? Rien n’est moins sûr. En principe, chaque pays membre peut décider de l’abandonner unilatéralement mais encore faut-il prévenir les pays voisins plusieurs années à l'avance afin qu’ils s'adaptent, notamment pour les transports, en particulier les trains.

Maintenant, si une vague emporte demain l’heure d’été et qu’une majorité de pays en Europe, voire une unanimité, se dégage, alors elle pourrait bien disparaître rapidement. Qui sait, peut-être dès mars 2019.

Écoutez la chronique de Jean-Baptiste Giraud dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard