L'affaire Benalla : une affaire d'État ?

Alexandre Benalla sera auditionné aujourd"hui à 14H00 par la commission d’enquête au Sénat. Il va être interrogé sur les 4 passeports restés en sa possession après son licenciement. Les nouveaux dysfonctionnements sont ils de nature à qualifier l’affaire Benalla de scandale d’état ?

 

Il ne s’agit pas de dysfonctionnement. Même si hier Benjamin Grivaux le porte parole du gouvernement a employé ce mot pour masquer la réalité dans l’affaire Benalla. Qu’est ce qu’on reproche à Alexandre Benalla ? Reprenons les faits depuis le début : d’avoir le titre d’adjoint au chef de cabinet alors qu’il n’est que garde du corps. D’avoir le salaire d’un chef de cabinet. D’avoir un logement de fonction digne d’un grand commis de l’état, d’avoir si besoin une voiture avec gyrophare. Souvenez vous que lors de la perquisition de son domicile les policiers ont préféré ne pas mettre de scellés et revenir le lendemain. Entre temps un coffre fort a disparu. Nous n’avons toujours pas de nouvelle de ce coffre fort. Et voilà qu’Alexandre Benalla se retrouve à voyager depuis son limogeage avec ses deux passeports diplomatiques et ses deux passeports de service qu’il n’avait pas rendu. Les passeports diplomatiques sont normalement réservés aux diplomates et aux ministres. Plus grave encore Alexandre Benalla avait en sa possession un téléphone crypté qu’on appelle Théorème et il l’a conservé après son départ de l’Elysée. C’est un téléphone que très peu de personne possède. Le président et ses ministres. Donc au vu des faits on comprend bien qu’il n’y a pas de dysfonctionnement mais de la complicité avec le président de la République. Quelle forme de complicité on ne le saura peut être jamais …Mais de la complicité et donc une forme de complaisance. Donc c’est un scandale d’état.

Mais l’Elysée a lâché Alexandre Benalla et il y a visiblement des erreurs qui proviennent de l’administration… Le personnel administratif a été peu zélé pour réclamer les passeports, pour réclamer le téléphone…Mais mettez vous à la place de certains à l’Elysée. Ils n’ont pas oublié la phrase d’Emmanuel Macron prononcée le 24 juillet dernier pour couvrir Alexandre Benalla : "Le responsable c’est moi. J’assume. Qu’ils viennent me chercher". Pour l’instant personne n’est venu chercher le président. Mais attention l’histoire n’est pas finie…