Fallait-il exposer nos troupes pour secourir des touristes ?

Fallait-il envoyer nos troupes secourir des touristes ? C’est la question que nous posons aux auditeurs. La polémique est vive entre l’imprudence des deux voyageurs et le mensonge du quai d’Orsay…

Il y a polémique car c’est la première fois que deux de nos soldats d’élite meurent en secourant des touristes et non lors d’un attentat, comme le colonel Arnaud Beltrame, ou dans des combats contre des djihadistes au Sahel. 26 hommes sont morts dans des opérations de la force Serval puis Barkhane depuis 2013 en Afrique. Les deux mariniers sont les 27e et 28e victimes décédées en faisant leur devoir. Car que ce soit pour se battre contre des terroristes ou pour sauver des otages, c’est le rôle et la grandeur de l’armée de ne pas faire de distinction. Il y a deux données qu’il faut bien prendre en compte pour juger la situation. La première : Emmanuel Macron en tant que chef des armées a pris lui et lui seul la décision d’intervenir pour sauver les otages. Il y avait une fenêtre de tir. S’il ne le faisait pas, les otages partaient aux mains de djihadistes beaucoup plus radicaux dans le centre du Mali, selon le renseignement français. Leur libération aurait été impossible. Et puis deuxième donnée : nos deux mariniers n’avaient pas d’armes pour riposter. C’était voulu pour se concentrer sur les otages à récupérer. Des risques ont donc été pris par le commando en âme et conscience. Emmanuel Macron assume aussi d’avoir donné le feu vert pour l’opération. Il est le président de tous les Français. Pas question d’en laisser deux en grand danger.

Que faire maintenant alors pour éviter un tel drame. Changer la réglementation pour que les touristes n’aillent pas dans des pays dangereux ?

Quand les deux Français se sont aventurés au Bénin, la zone ou ils se rendaient était en jaune ce qui signifie « Vigilance renforcée ». Une appellation qui rime difficilement avec loisir, détente et légèreté. Surtout dans des pays ou le touriste est considéré comme un coffre-fort ambulant. Pas la peine de créer une polémique sur la zone en jaune ou en rouge. Le problème est qu’une agence de voyage a délivré des billets à ces deux hommes. Donc oui il faut relever le niveau de dangerosité. Au Bénin, les habitants savent que le parc de la Pandjari est régulièrement traversé par des terroristes. Pourquoi cette info dans les guides touristiques est-elle minorée ? Mais il est évident que tous les gardes-fous n’empêcheront jamais un nouveau drame si les touristes n’ont pas de conscience. La conscience de penser plus loin que son égoïsme pour ne pas risquer la vie des autres.